Photo d’un ver de terre dans une main.

Une invasion frénétique

Nous aimerions traiter de l’une des plus grandes menaces pour les systèmes de sol naturel de l’Ontario – les vers de terre!

Oui, vous avez bien lu. Beaucoup d’entre nous ont du mal à concevoir les vers de terre comme une force destructrice. Après tout, qui n’a jamais entendu dire que ce sont des composteurs naturels, de la nourriture pour les merles qui s’en donnent à cœur joie au printemps et de grands recycleurs dans nos jardins?

Cependant, la plupart des gens ignorent un fait important au sujet des vers de terre : ils ne sont pas censés être ici.

Ce qui avait autrefois disparu…

Toutes les espèces de vers de terre (et elles sont nombreuses) que l’on trouve en Ontario sont en fait des espèces envahissantes provenant d’autres continents. Toutes les espèces indigènes de vers de terre ont probablement été éliminées en Ontario par les calottes glaciaires recouvrant le territoire il y a de cela entre 11 000 et 14 000 ans.

Paysage arctique

Lorsque les glaciers se sont retirés, ils ont laissé derrière eux des écosystèmes exempts de vers de terre. Pendant les milliers d’années qui ont suivi, nos écosystèmes ont évolué pour recycler les nutriments et la matière organique en décomposition par le biais d’une multitude de champignons, d’invertébrés et de bactéries.

Les vers de terre sont alors arrivés.

Ce ne sont pas des amis de toutes nos espèces indigènes

Les vers de terre sont ce que nous appelons des ingénieurs écologiques.

Tout comme nos chers castors, ils ont la capacité de modifier les structures et les processus fondamentaux d’un écosystème.

Ver de terre dans le sol

Pour ce faire, ils creusent dans le sol et se nourrissent de la couche de feuilles mortes recouvrant le sol. Ces agissements simples ont de graves répercussions sur la structure du sol et la disponibilité de nutriments, ce qui affecte les plantes qui poussent et s’épanouissent dans ces sols.

Les vers de terre dévorent la couche de feuilles mortes beaucoup plus rapidement que les décomposeurs indigènes, détruisant l’épaisse couche protectrice de feuilles mortes en décomposition dont la plupart de nos plantes et insectes indigènes dépendent.

Couche de feuilles mortes avec jeunes fougères.

Les racines des plantes indigènes ont du mal à pousser dans les sols denses produits par les vers de terre, alors que les plantes non indigènes mieux adaptées aux sols denses ont plus de facilité à s’établir.

Levez votre verre… pas des vers!

Lorsqu’un territoire est envahi par une espèce de ver de terre, il n’y a aucun moyen connu de la supprimer. Mais la bonne nouvelle est qu’il est très facile d’empêcher cette force envahissante frénétique de se propager.

Vers de terre enchevêtrés parmi des éclats de bois sur une couche de feuilles mortes.

Les vers de terre se déplacent très lentement : ils sont principalement transportés lors d’activités humaines.

Initialement, cela signifiait qu’ils voyageaient clandestinement dans les plantes et les sols apportés par les colons et les pionniers, soit à l’état adulte ou à l’état larvaire. Aujourd’hui, la propagation des vers de terre est induite par l’aménagement paysager, les pneus de véhicule et les semelles de chaussure, le transport de terre aux fins de construction et, plus particulièrement, la pêche.

Vers (de terre) où puis-je me diriger?

Voici quelques moyens simples de contribuer à arrêter la propagation des vers de terre et de protéger nos sols :

  • évitez de transporter de la terre, des feuilles, du paillis et du compost à différents endroits
  • lavez les semelles des pneus de votre véhicule et de vos chaussures lorsque vous allez d’un endroit à un autre
  • jetez les appâts non utilisés aux ordures et non pas par terre ou dans l’eau (en fait, les vers de terre sont d’excellents nageurs!). Encore mieux, passez aux appâts artificiels.

Ces petits gestes peuvent faire une grande différence dans les écosystèmes de l’Ontario.

Apprenez-en davantage sur les espèces envahissantes et sur la menace pour la biodiversité de l’Ontario.