Stratégies parentales chez les animaux

Ce billet a été rédigé par Laura Penner, chargée des programmes éducatifs du patrimoine naturel au parc provincial Rondeau.

Bon jour de la Famille! En ce jour, nous réfléchissons aux liens uniques qui nous attachent à des personnes spéciales dans nos vies, et nous les célébrons.

En tant que naturaliste et mère de trois enfants, les rares occasions où je peux contempler des animaux prenant soin de leurs petits me causent beaucoup de joie. Cela diffère beaucoup d’une espèce à l’autre. Ce peut être une femelle oriole qui tisse méticuleusement des herbes pour en faire un nid complexe en forme de panier, ou une Tortue géographique qui creuse d’éventuels nids un peu partout dans un emplacement de camping jusqu’à ce qu’elle trouve la composition du sol idéale.

Chaque espèce a sa propre façon d’élever ses petits pour répondre au mieux aux défis de son environnement. Voyons quelques moyens intéressants qu’ont les animaux sauvages de prendre soin de leurs petits.

Les difficultés d’élever des petits dans la nature

Cow moose and calf in the forest

S’agissant de la faune, les stratégies sont nombreuses pour assurer le succès de la prochaine génération.

Élever des petits exige beaucoup d’énergie. N’importe quel parent humain le sait!

Beaucoup de facteurs entrent en jeu lorsqu’on détermine le niveau optimal d’énergie pour élever sa progéniture. Cela peut inclure les conditions environnementales, les taux de prédation, la durée de vie de l’individu et le nombre d’œufs.

Parents éphémères

Turtle in the muck

De nombreuses espèces d’insectes et de reptiles ont recours à une stratégie consistant à « pondre et s’en aller ». Elles trouvent le meilleur emplacement possible pour leurs œufs et les quittent ensuite, les laissant se débrouiller pour éclore.

Dans le cas de beaucoup de nos espèces de tortues d’eau douce, c’est le choix minutieux d’un emplacement pour le nid qui déterminera le sexe des bébés tortues.

Cela est lié à la température du nid. Les œufs qui se trouvent plus profond dans le trou du nid donneront naissance à des mâles, alors que ceux qui se trouvent plus près de la surface donneront des femelles.

Dans ces situations, un nombre élevé d’œufs est généralement pondu pour compenser le taux de prédation élevé à l’encontre des petits vulnérables.

Parents actifs

Male water bug with eggs on back
Photo : Usager de Flickr noisecollusion, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

D’autres espèces jouent un rôle plus actif pour garantir que leurs précieux œufs survivent assez longtemps pour éclore.

Faites la connaissance de la Punaise d’eau géante. Ce gros insecte mérite son nom, car il atteint une longueur d’un pouce ou plus. Vous en avez peut-être vu si vous avez exploré les eaux peu profondes d’un marais, d’un étang ou d’un ruisseau. Ces insectes prédateurs passent le gros de leur vie dans l’eau, mais on peut en voir tourner autour des réverbères pendant la saison des amours.

La Punaise d’eau géante est réputée manger de tout, des petits poissons aux insectes de toutes tailles, en passant par les grenouilles. Elles le font en injectant dans le corps de leur proie des enzymes, qui transforment littéralement leur intérieur en matière visqueuse!

Lorsque vient le temps de pondre les œufs, la femelle colle en fait ceux-ci sur le dos du mâle. Cela assure une protection parfaite contre les prédateurs. Le mâle empêche également les œufs de moisir en nageant, et parfois en laissant les œufs sécher au soleil.

Les scinques parents

Close up of skink and baby skinks
Photo : Dan Brazeau

En plus d’être le seul lézard de l’Ontario, le Scinque pentaligne est une autre espèce qui choisit d’investir plus de temps et d’énergie pour que ses œufs soient bien protégés jusqu’à ce qu’ils éclosent.

Ce lézard aux couleurs vives pond ses œufs sous des bûches en décomposition, dans des tas de compost ou sous des débris. Ils le font en groupes de deux ou trois femelles pondeuses – après tout, plus on est nombreux, plus on est en sécurité!

Les femelles protègent mutuellement leurs œufs des prédateurs, les font soigneusement tourner et vont jusqu’à uriner dessus pour maintenir la bonne humidité. Si des œufs s’abîment, la femelle les mange aussitôt pour que les autres œufs demeurent sains.

Prédateurs parents

Ducks and ducklings in the water

Beaucoup d’espèces prédatrices consacrent plus de temps et d’énergie à élever les petits et à leur inculquer des comportements qui assureront leurs futurs succès.

Le Grand Harle est un gros canard plongeur au corps aérodynamique, et un des principaux prédateurs de nombreux habitats aquatiques un peu partout en Ontario. Son bec denticulé lui permet d’attraper les poissons qui constituent le gros de son régime alimentaire.

Dans le cas du Grand Harle, le mâle quitte le site d’incubation peu après l’accouplement. De cette façon, la femelle et sa future progéniture auront moins de concurrence pour l’alimentation. La mère mène les petits à l’eau et les surveille alors qu’ils affinent leurs techniques de chasse instinctives.

Mama loon and chicks

La nature offre de nombreuses leçons à ceux et celles qui prennent le temps de regarder, d’écouter et d’apprendre. Dans ce cas, nous voyons que les familles sont à la fois uniques et diverses. Ces animaux élèvent leurs petits de façon bien différente de nous, mais notre objectif final est semblable.

Prenez un peu de temps en ce jour de la Famille pour aller en plein air avec votre famille et apprendre de la nature. Vous serez surpris de tout ce qu’elle peut vous enseigner!