Relevé des empreintes en hiver

Dans le billet d’aujourd’hui, l’écologiste Corina Brdar nous parle de l’« aspect le plus intéressant de [son] travail ».

Je suis écologiste pour Parcs Ontario. Lorsque les gens me demandent ce que je fais, il ne m’est pas aisé de répondre – mon travail est si diversifié et tellement intéressant.

J’aime donc donner comme exemple ma tâche préférée : le relevé des empreintes de cerfs en hiver.

Pourquoi relevons-nous les empreintes en hiver?

two deer standing in snowy forest

Dans certains parcs, nous avons besoin de savoir combien de cerfs utilisent le parc en hiver, et de quelle façon ce nombre change d’une année à l’autre. Dans ces parcs, nous avons remarqué que les cerfs semblent très abondants et qu’ils ont un impact sur les peuplements végétaux du parc. Afin de pouvoir organiser la gestion des parcs de façon responsable, nous avons besoin de comprendre comment les plantes et la faune interagissent au sein de l’écosystème.

Les scientifiques utilisent de nombreuses méthodes différentes pour déterminer le nombre de cerfs dans une zone. C’est plus compliqué que ça ne semble, car, malheureusement, ils se dépacent!

deer track

Ils se déplacent évidemment chaque jour comme la plupart des animaux, mais également en fonction du temps qu’il fait, de la saison, de la nourriture disponible ainsi que de la présence d’humains et de prédateurs.

En hiver, ils ont tendance à se cantonner à une zone qui leur fournit à la fois nourriture (comme de juteux bourgeons d’arbres et d’arbustes) et abri (comme de grands conifères). C’est l’époque de l’année où ils peuvent également avoir un impact important sur la forêt en grignotant ces délicieux bourgeons.

Relevé hivernal 2017-2018

ecologist standing on winter trail, all bundled up

Nous avons eu la chance d’avoir une chute de neige hâtive dans l’est de l’Ontario cette année, suivie par une ou deux journées de ciels clairs. J’en ai profité pour sortir faire mon premier relevé d’empreintes de cerfs.

deer track through snow

Pour ce faire, je m’inspire d’une procédure qui est utilisée ailleurs au Canada. Pour résumer, car en fait cela exige des calculs savants, je parcours à pied (ou parfois en skis ou en raquettes), un sentier prédéterminé, et je compte toutes les empreintes de cerfs qui le traversent.

White-tailed Deer

Je relève également les traces d’éventuels prédateurs tels que les coyotes. Je localise chaque endroit avec un GPS pour que nous puissions dresser une carte de l’activité des cerfs dans le parc.

De cette manière, nous pouvons déterminer, année après année, si les cerfs sont plus nombreux, moins nombreux ou si leur nombre est stable dans nos parcs. Je fais cela depuis des années, et il est intéressant de déterminer quelles sont leurs zones favorites, qui se tient avec des amis, qui est solitaire, à partir des indices que me donne la neige.

Vous avez envie vous aussi de faire des relevés cet hiver? Découvrez  comment devenir un limier de la faune en hiver!