Vue aérienne de Woodland Caribou.

Pimachiowin Aki : un périple

Le billet d’aujourd’hui a été rédigé par Doug Gilmore, un surintendant récemment retraité du parc provincial Woodland Caribou. Le billet souligne la désignation de Pimachiowin Aki comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Un périple peut être défini comme « l’acte d’aller d’un endroit à un autre ». Chaque réalisation est souvent accompagnée d’un périple et l’inscription de Pimachiowin Aki (Pi-MATCH-o-win Ah-KAY) comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO ne fait pas exception.

En outre, les périples réservent souvent des surprises et, ce qui est plus important, vous donnent l’occasion d’apprendre.

L’origine

Les personnes qui ont imaginé Pimachiowin Aki ont commencé à des points séparés, se sont unis en un partenariat et ont abouti à une destination commune : l’inscription sur la Liste de sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Le périple a été un test de foi et de patience, beaucoup de travail acharné pour prouver notre valeur et obtenir le résultat final, un soupir de soulagement… et Pimachiowin Aki est devenu une réalité. »

— Ed Hudson, membre du conseil Pimachiowin Aki, Première Nation Poplar River, (26 septembre 2018)

Lac et arbres sous un ciel nuageux.
Squelettes après un incendie sur les rives de la rivière Bloodvein.

Le projet a débuté en 2002, lorsque cinq collectivités autochtones ojibwées (Little Grand Rapids, Pauingassi, Bloodvein, Poplar River et Pikangikum) se sont réunies pour discuter d’intérêts communs.

En conséquence, elles ont convenu de poursuivre l’établissement d’un réseau unifié de territoires protégés dans la forêt boréale du nord-ouest de l’Ontario et de l’est du Manitoba.

Création d’un partenariat

À peu près au même moment, des représentants gouvernementaux de l’Ontario et du Manitoba se réunissaient pour discuter de l’écart de représentation du biome de la forêt boréale dans le réseau du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ils pourraient éventuellement combler cet écart par une proposition transfrontalière incluant le  parc provincial Woodland Caribou en Ontario et le parc provincial Atikaki au Manitoba.

Bâtons assemblés en triangle avec gril en bois.
Séchoir

Les deux groupes ayant mutuellement tiré des leçons des discussions, il est devenu évident qu’une occasion de partenariat offrait un grand potentiel, et c’est à ce moment que le périple a commencé. Comme vous pouvez l’imaginer, ce ne fut pas si facile. Les partenariats durables demandent du temps et un dur labeur.

Le premier périple entrepris a été le périple d’apprentissage. Les partenaires se sont rencontrés, ont partagé leurs points de vue, ont découvert les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO et le processus d’inscription, mais surtout, ils ont appris à se connaître et ont échangé leur savoir.

Sous la direction de Parcs Canada quant à l’aspect technique du processus, le nouveau partenariat a exploré le potentiel ensemble et en groupes séparés. En fin de compte, l’engagement de solliciter l’inscription a été pris en 2004.

Pimachiowin Aki (« la terre qui donne vie ») naissait officiellement.

Arbres jaunes et verts le long de la rivière.
Couleurs automnales le long de la rivière Bloodvein.

« La terre fait plus pour nous que nous alimenter, elle nourrit notre esprit également. Difficile d’expliquer au monde extérieur ce que cela signifie pour nous. »

— Sophia Rabliauskas, Première Nation Poplar River (16 décembre 2004)

Se rassembler

Entre 2004, l’année où Pimachiowin Aki a été inscrit sur la Liste provisoire des sites du patrimoine mondial du Canada, et 2018, l’année où le site a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, le périple a emmené les partenaires aux quatre coins du site.

Les aînés et les membres de la collectivité leur ont appris l’importance culturelle et naturelle du territoire, mais plus important encore, ce que ce territoire signifie pour ceux qui y vivent et qui gardent la terre. Le partenariat a évolué au fil du temps.

Bien que tous les partenaires initiaux ne soient pas restés avec le groupe jusqu’à l’inscription finale, leurs connaissances et leurs conseils ont éclairé le partenariat et le projet, et à cet égard, Pimachiowin Aki sera toujours reconnaissant.

Abri éclairé la nuit.
Lieu traditionnel Weaver Lake Poplar River.

« Le tipi représente le projet. Sous les branches, nous sommes tous réunis, c’est ce qui fait notre force. Pimachiowin Aki est sous les branches. »

— Augustine Keeper, coordonnatrice des terres et membre du conseil Pimachiowin Aki pour la Première Nation Little Grand Rapids

Territoires sacrés

Toutes les collectivités autochtones du site croient qu’un lien étroit existe entre les gens et la terre. Ce concept essentiel à l’initiative ne peut pas être minimisé. Bien qu’étranger pour ceux qui ne sont pas élevés dans cette culture, ce concept allait devenir le fondement du projet et conduire finalement au succès de l’initiative.

Pimachiowin Aki apporte un témoignage exceptionnel de la tradition culturelle Anishinaabe perpétrée de Ji-ganawendamang Gidakiiminaan (Garder la terre).

Ji-ganawendamang Gidakiiminaan régit les relations entre Anishinaabeg et la terre; c’est le cadre par lequel le paysage culturel de Pimachiowin Aki est perçu, doté d’un sens, utilisé et maintenu d’une génération à l’autre.

Caribous sur la neige devant une forêt.
Caribous sur le lac Boomerang.

Les territoires de subsistance anciens et contemporains, les territoires sacrés et les lieudits largement dispersés sur le territoire, la plupart reliés par des voies navigables, sont le reflet tangible de Ji?ganawendamang Gidakiiminaan.

Le 1er juillet 2018, Pimachiowin Aki a été inscrit comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a été désigné site naturel et culturel – le premier au Canada!

Garder la terre

Le site est qualifié d’exemple exceptionnel de la tradition culturelle de Ji-ganawendamang Gidakiiminaan (Garder la terre) qui implique d’honorer les cadeaux du Créateur, d’observer des interactions respectueuses avec aki (la terre et toute sa vie) et de maintenir des relations harmonieuses avec autrui.

Pimachiowin Aki est l’exemple le plus complet et le plus vaste du bouclier boréal nord-américain, y compris sa biodiversité caractéristique et ses processus écologiques. Pimachiowin Aki possède une diversité exceptionnelle d’écosystèmes terrestres et d’eau douce et favorise pleinement les processus écologiques essentiels de la forêt boréale comme les feux de forêt, la circulation des éléments nutritifs, les déplacements des espèces et les rapports prédateurs-proies.

Arbres dénudés au bord de l’eau.
Succession forestière le long de la rivière Bloodvein.

Pourquoi rechercher l’inscription et qu’est-ce que l’inscription peut apporter aux partenaires?

Nous sommes heureux que vous posiez la question. C’est l’occasion de faire connaître un paysage unique et magnifique à toute l’humanité et de sensibiliser le monde entier à un territoire, à un peuple et à un lien avec la terre qui semblent invisibles à beaucoup.

Homme dans les bois, tenant un bâton, accroupi devant un feu.
Membre de la Première Nation Little Grand Rapids nous faisant connaître son domaine familial.

L’inscription entraîne la reconnaissance et la reconnaissance attire les visiteurs. Sur le plan conceptuel, ce n’est pas une mauvaise chose, mais une gestion minutieuse est nécessaire pour garantir que les caractéristiques qui traduisent la valeur universelle exceptionnelle de la région ne soient pas compromises et que les collectivités autochtones puissent prendre soin de la terre de la manière dont elles l’ont toujours fait.

Les partenaires sont fiers de leurs collectivités individuelles, de leurs territoires traditionnels et de leurs zones protégées réglementées. Ils souhaitent les partager avec le monde à des fins récréatives et éducatives.

Le périple se poursuit

Le parc provincial Woodland Caribou est très fier de faire partie de Pimachiowin Aki et continuera de travailler en étroite collaboration avec ses partenaires, de même qu’avec les collectivités autochtones qui partagent leurs territoires traditionnels avec le parc, mais qui actuellement ne font pas partie de Pimachiowin Aki.

Logo Pimachiowin Aki.

Ces relations de coopération sont importantes pour le parc provincial Woodland Caribou Provincial Park et pour sa santé durable.

« La désignation au patrimoine mondial de l’UNESCO apporte la reconnaissance de cet endroit spécial et des gens qui l’ont façonné. C’est vraiment un cadeau appréciable. » 

— Surintendant Christine Hague, parc provincial Woodland Caribou

Apprenez-en plus sur Pimachiowin Aki en consultant pimachiowinaki.org et pour ainsi vous tenir au courant des dernières nouvelles et des événements dans ce territoire unique.