Les yeux vers le ciel – mai

Bienvenue à la série « Les yeux vers le ciel » de Parcs Ontario. Cet espace (<– vous voyez ce que nous avons fait là?) couvrira un vaste éventail de sujets astronomiques, et particulièrement ce qu’on peut voir dans les ciels purs de nos parcs provinciaux.

Le printemps commence « techniquement » en mars, mais la plupart d’entre nous, qui vivons dans des climats froids, avons tendance à considérer que mai marque le véritable début de la saison.

Les lacs dégèlent et il est possible de pagayer de nouveau, et le chant des oiseaux migrateurs se fait entendre partout. Si l’on reste debout après la tombée de la nuit, on peut contempler les splendeurs du ciel nocturne tout en écoutant l’agréable sérénade du chœur des rainettes crucifères et des rainettes faux-criquets.

Voici nos faits saillants astronomiques en mai 2019 :

Le soleil

Le soleil, ayant passé l’équinoxe de printemps, continue de se lever (et de se coucher) plus au nord par rapport à l’est (et à l’ouest). Et, comme d’habitude, lorsque le soleil apparaît plus au nord dans le ciel, la pleine lune apparaît ce mois-là plus au sud presque dans la même mesure.

Un soleil rond se couchant sur un ciel orange d’un horizon sombre

Heures du lever et du coucher du soleil :

1er mai 15 mai 30 mai
Lever de soleil 6 h 14 5 h 55 5 h 40
Milieu du jour 13 h 23 13 h 22 13 h 24
Coucher de soleil 20 h 32 20 h 50 21 h 07

La lune

La plupart des gens apprécient le magnifique rouge d’un lever ou d’un coucher de soleil, mais peu nombreux sont ceux qui remarquent un lever ou un coucher de lune. Comme le montre cette photo, la lune peut rougir si on la voit à travers l’atmosphère plus épaisse lorsqu’on regarde vers l’horizon.

La lune

La lune est notre plus proche voisin dans l’espace, et on croit actuellement qu’elle est le vestige d’une collision entre la Terre et un objet plus petit, de la taille de Mars, qui s’est produite tôt dans l’histoire de notre système solaire. L’explosion qui en a résulté aurait projeté beaucoup de débris dans l’espace, formant peut-être un anneau rocheux autour de la jeune Terre. Avec le temps, la matière de l’anneau se serait regroupée pour constituer la lune que nous pouvons voir aujourd’hui.

La lune a dû se former assez proche de la Terre, mais elle s’en est éloignée lentement avec le temps. Par ailleurs, la vitesse de rotation de la lune s’est considérablement réduite, et il y a synchronisation entre sa rotation et sa révolution autour de la Terre. La vitesse de rotation de la lune est égale à celle de sa révolution, et c’est cette dernière qui détermine le temps qui sépare ses phases.

Les phases de la lune en mai sont les suivantes :

lune

  • Nouvelle lune – 4 mai
  • Premier croissant – 9 mai
  • Premier quartier – 12 mai
  • Lune gibbeuse croissante – 16 mai
  • Pleine lune – 18 mai
  • Lune gibbeuse décroissante – 22 mai
  • Dernier quartier – 26 mai
  • Dernier croissant – 29 mai

Les planètes

Vénus se couche une heure environ après le coucher de soleil à l’ouest-nord-ouest. Mars et Saturne se lèvent plus tard au petit matin.

Jupiter se lève à peu près à la même heure que Vénus se couche et elle demeure visible la plus grande partie de la nuit. Elle arrive à l’opposition (le point auquel elle est directement opposée au Soleil) le 8 mai et sera donc au point le plus proche atteint habituellement par la planète.

Jupiter est de loin la plus grosse planète de notre système solaire. Son diamètre étant d’un peu plus de 140 000 km, on pourrait en fait placer toutes les autres planètes à l’intérieur de la masse considérable de Jupiter. Et, si on devait évider Jupiter (comme une citrouille), on pourrait y mettre plus de 1000 Terres!

Jupiter

Jupiter est la vedette d’une catégorie de planètes connues sous le nom de « géantes gazeuses ». Ces planètes ont quatre choses principales en commun. Elles sont toutes :

  • beaucoup plus grosses que la Terre
  • pourvues de nombreux satellites (lunes) – Jupiter en avait 67 aux dernières nouvelles
  • surtout constituées de gaz
  • situées dans la partie extérieure de notre système solaire

Pour ce qui est de Jupiter, en dépit de sa taille et de son volume considérables, cette planète a la vitesse de rotation la plus élevée. Alors qu’un jour sur la Terre dure 24 heures, celui de Jupiter dure un peu moins de 10 heures. Cette vitesse de rotation élevée, alliée à la composition gazeuse de la planète, fait que l’atmosphère de Jupiter forme des dessins étonnants : ceintures, tourbillons, remous et au moins une tache rouge géante que l’on voit depuis plus de 300 ans.

La « Tache rouge » (en bas à gauche sur la photo ci-dessus) est une zone de hautes pressions intenses (en quelque sorte, le contraire d’un ouragan) appelée « perturbation anticyclonique ». L’intérieur de la seule Tache rouge pourrait accueillir de deux à trois Terres.

Jupiter a de nombreux satellites, mais il y en a quatre qui sont particulièrement faciles à voir et ont été découverts par Galilée il y a plus de 400 ans; on les appelle lunes galiléennes. Il y a synchronisation entre la rotation et la révolution de ces lunes autour de Jupiter, qui durent un peu moins de 10 heures. Ainsi, les lunes (qui sont très faciles à voir avec des jumelles) présentent des motifs différents qui changent visiblement tout au long de la nuit.

Jupiter-lunes

Sur cette photo, on voit Jupiter avec Io (à gauche) et Ganymède (à droite). Remarquez également que la Grande Tache rouge s’est déplacée et est visible en bas à droite de la photo ci-dessus.

Derrière Jupiter traîne la planète Saturne, dont nous discuterons dans le billet du mois prochain.

ciel étoilé
Photo : SkySafari 6 Pro

Le matin du 25 mai, ces deux planètes (Jupiter est l’objet le plus brillant à la droite), en plus du dernier quartier de lune offrent un belle vue à l’Est, autour de 4 h.

Constellations en vedette

Dans le billet du mois dernier, nous avons parlé de la Grande Ourse et de la Petite Ourse. Dans l’édition de ce mois-ci, nous nous intéresserons à des constellations qui se prêtent idéalement à l’observation par temps chaud : le Bouvier, la Vierge et la Balance.

Constellations

Pour en savoir davantage sur les constellations de ce mois-ci, cliquez ici.

Pluies de météores

Dans la nuit du 6 mai jusqu’au matin du 7 mai, les observateurs peuvent voir des météores provenant de la constellation du Verseau. Dans un ciel sombre, ils devraient pouvoir observer environ 20 météores par heure. La bonne nouvelle c’est que bon nombre de ces météores sont en fait très brillants.

Ciel nocturne

Comme toujours, le meilleur moyen de se préparer à une pluie de météores est de se reposer beaucoup, de porter des lunettes de soleil au moins trois jours avant la pluie (pour maximiser votre vision nocturne), d’installer une chaise longue et un sac de couchage (utilisez une couverture quelconque pour la rosée, sinon votre sac sera mouillé), d’apporter beaucoup à boire et à grignoter et, surtout, de vivre cette expérience avec de bons compagnons.

Saviez-vous que…

…la zone habitable d’un système solaire correspond à la fourchette de distance du soleil qui n’est pas trop chaude, ni trop froide, mais juste parfaite pour abriter la vie? On l’appelle aussi la zone Boucles d’or!

Depuis de nombreuses décennies, les astrobiologistes étudient et élaborent des modèles de la façon dont la vie peut se former sur d’autres planètes. Ils examinent un grand nombre de facteurs, notamment la température, la pression, l’humidité, la composition chimique, le rayonnement stellaire (p. ex. les effets des rayons ultraviolets) et plus encore. La zone Boucles d’or représente une zone habitable autour d’une étoile où les conditions sont idéales pour permettre de disposer d’eau liquide (entre 0 ºC et 100 ºC).

Pour en savoir davantage sur les zones habitables, consultez cette publication.

Ceci complète notre examen du ciel de mai…

N’oubliez pas, nos parcs vous invitent à les explorer le jour et la nuit. Les étoiles attendent ceux et celles qui font un effort pour les admirer!