Les résolutions du Nouvel An d’un amateur de nature

Le billet d’aujourd’hui a été rédigé par Alistair MacKenzie, superviseur des programmes éducatifs du patrimoine naturel au parc provincial Pinery.

Alistair at PineryEn commençant une nouvelle année, beaucoup d’entre nous prennent des résolutions personnelles pour s’améliorer ou pour aider leurs familles et leurs communautés.

Je prendrai plusieurs résolutions (ah! ces maudits beignets glacés à la crème sure!), mais en plus, je choisis 2018 pour prendre quelques résolutions relativement aux parcs et aux aires protégées.

Comme je travaille et me divertis dans les nombreux paysages fabuleux des parcs de l’Ontario, c’est là que je ferai le gros de mes efforts, mais je ne prévois pas de les limiter… j’y inclurai tous les espaces verts que je pourrai trouver!

Je ne suis qu’une personne, et je vous encourage donc à faire votre part. Vous voudrez peut-être dresser votre propre liste, mais nos parcs ont certainement besoin de l’aide de tous. Envisagez de faire quelque chose pour nos aires protégées.

Voici donc ma liste de dix résolutions pour les parcs de l’Ontario :

1. Stationner une seule fois

Toutes les fois que je visiterai des parcs, j’appliquerai le concept Stationner une seule fois pour limiter l’utilisation de mon véhicule.

Les voitures et les camions contribuent à la pollution de l’air. Ils exercent une pression sur les infrastructures des parcs et ont un impact important sur les populations animales à cause de la mortalité routière.

bike rental kiosk

Donc, dès que j’arriverai dans un parc, j’explorerai des secteurs à pied, à vélo ou dans un canot ou un kayak. N’oubliez pas que beaucoup de parcs offrent du matériel à louer, et que vous pouvez donc louer un vélo, des skis ou une embarcation pour votre exploration… et qu’en plus la marche est gratuite!

Cette résolution devrait également m’aider à respecter mes résolutions personnelles en matière de santé et de bien-être.

2. Faire partie des « Amis »

Je vais renouveler mon adhésion aux Friends of Pinery Park et toutes les fois que je visiterai d’autres parcs j’envisagerai de devenir membre de leurs groupes d’Amis (ou, tout au moins, d’acheter un billet pour leurs tombolas).

boardwalk
Des membres des Friends of Mashkinonje achèvent l’aménagement d’un sentier à accès facile.

Les groupes d’« Amis » sont des organisations de bienfaisance sans but lucratif qui améliorent les programmes et les services offerts par Parcs Ontario. Les groupes d’amis soutiennent les recherches et l’éducation, organisent des activités de nettoyage de parcs, obtiennent des subventions pour des projets et aident le personnel de Parcs Ontario de beaucoup d’autres façons.

Comme les Amis fonctionnent dans une bonne mesure grâce au soutien de bénévoles, je vais donner un coup de main, financier ou autre, pour les aider dans leurs efforts.

3. Pratiquer la science citoyenne

Le vieil adage « l’union fait la force » s’applique particulièrement bien à la science citoyenne. Beaucoup d’employés dévoués travaillent pour Parcs Ontario et le ministère des Richesses naturelles et des Forêts, mais avec un ensemble de parcs dont la superficie totale est de deux fois celle de la Suisse, le travail d’inventaire et de surveillance de ces territoires que nous partageons est immense.

Je prends la résolution d’observer, consigner et signaler toutes les espèces et tous les phénomènes naturels que j’apercevrai ou dont je serai témoin au cours de mes déplacements cette année. Je profiterai des nombreuses initiatives existantes en matière de science citoyenne (consulter le registre d’Ontario Nature ou notre billet sur les applis de #sciencecitoyenne). Quand je serai dans le parc Pinery, j’utiliserai l’appli Explore Pinery que les Friends of Pinery ont contribué à réaliser.

Hiker with smartphone

Signaler vos observations contribue à constituer une base de données d’information qui informera la direction du parc, les efforts de récupération des espèces en péril, les projets de recherche et les projets d’équipement. En dépit du travail déjà réalisé, nous en savons relativement peu sur les endroits où se trouvent les espèces dans nos parcs, et même quand nous le savons… on prend de meilleures décisions avec davantage de données!

Je prendrai des tas de photos et de notes, et si je n ‘arrive pas à identifier quelque chose, j’utiliserai #AskanOPNaturalist sur Twitter pour obtenir des réponses.

4. Ramasser

Toutes les fois que je visiterai des parcs, je reviendrai avec au moins dix objets jetés. Il semble que dans nos parcs les rebuts se renouvellent constamment, particulièrement sur nos plages et nos rivages.

garbage

Je vais m’assurer que ce ne soit plus là lorsque vous viendrez dans le parc le lendemain. Si nous faisions tous cela, nos parcs seraient en meilleure santé.

Lorsque vous visitez des parcs, veillez à mettre au bon endroit les déchets et le recyclage, ou songez à rapporter chez vous les déchets que vous produisez.

5. Investir dans les enfants

J’ai deux garçons en pleine croissance qui aiment les parcs, mais je vais prendre la résolution de faire en sorte que davantage d’enfants viennent dans les parcs faire l’expérience de la nature et admirer certaines des merveilles qu’offrent nos parcs.

kids balancing on log

Le « trouble du déficit de nature »  (songez à lire Last Child in the Woods, de Richard Louv) est un problème grave mais facile à résoudre. Un jour, bientôt, les enfants d’aujourd’hui auront de dures décisions à prendre sur l’avenir de notre réseau de parcs et je veux qu’ils fassent l’expérience de la nature maintenant, afin qu’ils puissent se convaincre de l’importance de protéger nos aires naturelles pour l’avenir.

6. Rester sur le sentier

Quand je visiterai des parcs, je resterai sur les sentiers officiels. Les parcs aménagent des sentiers à l’aide d’outils tels que l’Évaluation environnementale de portée générale relative aux parcs provinciaux et aux réserves de conservation, et il faut beaucoup de planification pour offrir des loisirs durables tout en répondant à l’objectif premier de protéger l’intégrité écologique des parcs.

Couple hiking on Oh-Saya-Wucka Trail at Kettle Lakes PP

Rester sur les sentiers désignés fait en sorte que je n’aie pas d’incidence sur des aires ou des espèces préoccupantes. Dans bien des cas, les sentiers existants se trouvent au meilleur endroit pour jouir de vues incroyables et être témoin d’événements naturels, et de la puissance de l’eau – je vais me fier au choix de Parcs Ontario et rester sur le sentier.

7. Respecter l’espace personnel

Je suis sûr que pour la plupart d’entre nous, l’observation de la faune est une des raisons les plus importantes pour visiter les parcs. Je prends la résolution de laisser aux animaux l’espace dont ils ont besoin lorsque je les rencontrerai.

À notre époque de photographie numérique et de vidéo, il est passionnant de rencontrer un orignal, un ours noir ou un plus petit membre de notre biodiversité et de chercher à immortaliser la rencontre de près.

Pine Marten

Les animaux sont des experts du langage corporel pour communiquer, mais, souvent, nous ne pouvons comprendre ce qu’ils disent subtilement. Trop s’approcher des animaux cause un stress et peut être dangereux… et vous faites également en sorte que l’animal commence à se comporter de façon non naturelle.

Je vais veiller à garder mon téléobjectif à portée de la main et me contenterai de vues des animaux de loin. [Laissons-][Gardons-]les sauvages. Qu’ils se sentent libres.

8. Chhhhut

Les humains se fient beaucoup à leur vue, mais des personnes malvoyantes m’ont appris des choses étonnantes : si vous vous arrêtez et fermez les yeux dans les parcs, vous aurez droit à la plus merveilleuse prescription de sons diminuant le stress.

woman with dog
Prenez un moment pour vous arrêter et écouter.

Au printemps, les amphibiens s’égosillent pour trouver un partenaire avec qui s’accoupler. Peu après, les oiseaux migrateurs et les oiseaux résidents commencent à chanter pour défendre leur territoire tout en s’efforçant d’élever leur nichée. Si vous vous assoyez près d’un feu ou sur la rive d’un lac à la fin de l’été, vous entendrez peut-être le hurlement poignant d’un loup. Le craquement caractéristique des feuilles sous vos pieds lors d’une randonnée d’automne et le silence d’un lac gelé en février sont des expériences fabuleuses que vous pourrez faire les yeux fermés et les oreilles ouvertes.

Cette année, plus que jamais, je suis résolu à rester tranquille dans les parcs. Je vais respecter les autres campeurs et toute la nature en diminuant le volume.

9. Ralentir

J’ai mentionné plus haut que je me contenterais de « stationner une seule fois », mais je vais aussi ralentir quand je serai en voiture. Il semble que chacun de nous devienne de plus en plus occupé. La vie est trépidante.

Je pense que quand je visite des parcs, je ne ralentis pas autant que je le devrais lorsque j’y pénètre. Et rouler trop vite dans les parcs a beaucoup de conséquences négatives.

Wildlife crossing sign

D’abord et avant tout, nous mettons en danger les autres visiteurs du parc ainsi que le personnel, mais nous risquons également d’avoir un impact sur les éléments mêmes de la nature que nous sommes venus voir après avoir fait tout ce chemin.

Je vais essayer de me garer à mon arrivée au parc, après le trajet souvent long vers mes endroits favoris, et respirer profondément. En roulant plus lentement, je jouirai de vues plus remarquables et je protégerai les autres campeurs, le personnel du parc et les animaux.

10. Aider, et non gêner

Les espèces envahissantes deviennent une menace de plus en plus importante pour nos aires protégées. Je vais faire en sorte de faire partie de la solution, et non du problème, en évitant de propager des espèces envahissantes.

Je laverai ma voiture et mon vélo avant de me rendre dans des parcs, et je laverai mes bottes souvent, ou au moins je les brosserai pour enlever des semelles la boue susceptible de contenir des graines. Je laisserai le bois à brûler à la maison et en achèterai dans le parc.

paddlers at Halfway Lake

Je m’assurerai que mon embarcation ne traîne pas d’espèces aquatiques envahissantes d’un lac à l’autre. Je signalerai également les espèces envahissantes aperçues au personnel du parc (vous pouvez également utiliser les services du Early Detection and Distribution Mapping System).

Jusqu’ici dans ma vie, j’ai vécu quelques expériences personnelles mémorables dans des parcs…

Cette année, je prévois de rendre un peu plus de ce que j’ai reçu lorsque je visiterai des parcs.

Je vais continuer de me baigner et de rire, de m’émerveiller devant les animaux, et de dormir à la belle étoile, mais ce faisant j’aurai un plan personnel pour faire en sorte que les parcs de l’Ontario se portent un peu mieux en janvier 2019.

J’espère que vous inclurez les parcs dans votre propre liste de résolutions pour 2018, et si c’est bien le cas — en tant que citoyen de l’Ontario qui aime la nature — je vous remercierai à l’avance de vos efforts.