Trois tortues peintes de l’Est se prélassant au soleil sur un rondin au parc provincial Grundy Lake

Les œufs de tortues et de salamandres : la surveillance printanière au parc Grundy Lake

Le billet d’aujourd’hui provient d’Emily Wright, chef du programme Découverte au parc provincial Grundy Lake.

Le printemps au parc Grundy Lake est une période tranquille de l’année. Les eaux du lac sont froides à cause de la fonte des neiges et des glaces, les oiseaux commencent tout juste à arriver de leurs longues migrations et les visiteurs sont peu nombreux.

Toutefois, le personnel du parc est bien occupé, car il commence à préparer une nouvelle saison de camping.

La fonte des glaces sur un lac
La glace fondant lentement sur le lac Clear au printemps et créant de beaux effets au parc Grundy Lake

Les étudiants du programme de techniciens spécialistes de l’environnement du Collège Cambrian viennent s’ajouter la frénésie.

Souvent, les étudiants internationaux bravent les hordes de moustiques et de mouches noires du printemps pour passer quelques semaines au parc Grundy Lake, en apprenant comment sont gérées les zones protégées et en apportant en même temps une aide précieuse aux projets de gestion des ressources.

Zones d’incubation pour les œufs de salamandres

L’une des premières tâches de nos étudiants en visite consiste à effectuer un relevé des mares vernales.

Les mares vernales (de petits plans d’eau temporaires qui se forment au printemps et s’assèchent à la fin de l’été) servent de zones d’incubation pour les œufs de nombreuses espèces d’amphibiens. En effet, elles offrent un environnement sécuritaire pour la croissance de leurs petits. Il n’y a aucun poisson dans ces bassins temporaires, et les poissons aiment manger des têtards!

Une mare vernale
Les mares vernales sont l’endroit d’incubation idéal pour les têtards de grenouilles et les larves de salamandres

Nous avons enfilé des bottes cuissardes (nous en avions juste assez pour nous huit), et nous avons commencé à effectuer un relevé des mares vernales éparpillées dans les forêts du parc.

Des populations de grenouilles et de salamandres en bonne santé sont un bon indice d’un environnement sain dans le parc.

Des bébés salamandres maculées se développent à l’intérieur d’une masse gélatineuse
Des bébés salamandres maculées se développent à l’intérieur d’une masse gélatineuse

La recherche, l’identification et le dénombrement des masses gélatineuses des œufs de salamandres, de grenouilles et de crapauds constituent les activités quotidiennes qui nous permettent de surveiller la santé et la biodiversité de ces précieux écosystèmes d’une année à l’autre.

Un étudiant a remarqué que d’étranges algues vertes se développaient sur une masse gélatineuse et à l’intérieur de celle-ci que nous avons trouvée. Curieux (comme tout bon chercheur), il a pris quelques photos et les a portées à mon attention.

Nous avons découvert, après quelques recherches, que certaines espèces de salamandres (comme la salamandre maculée) ont en fait une relation mutualiste avec certaines algues!

L’algue se nourrit de l’excès de nutriments fournis par les déchets de l’embryon, et bien que nous ne sachions pas exactement pourquoi, il a été démontré que les salamandres se développent mieux en présence d’algues.

Nous apprenons toujours quelque chose de nouveau (en anglais) lorsque nous avons l’occasion d’explorer les habitats des parcs!

Se préparer pour les tortues

Nous accordons une grande importance aux tortues au parc Grundy Lake.

Les zones humides du parc fournissent un habitat précieux, qui soutient une population saine de plusieurs espèces. En fait, les tortues sont au cœur de nos programmes de surveillance de la faune et de la flore.

Trois tortues peintes de l’Est se prélassant au soleil sur un rondin
Trois tortues peintes de l’Est se prélassant au soleil sur un rondin

Chaque année, les tortues sont attirées par les vastes étendues des accotements de gravier réchauffées par le soleil et faciles à creuser le long de certaines routes du parc pour y faire leur nid (en particulier le point de remplissage des remorques).

Une petite tortue peinte

Malheureusement, les tortues mères (et plus tard, les tortues nouvellement écloses) risquent davantage d’être heurtées et tuées par un véhicule, ce qui a provoqué un déclin important des populations de tortues en Ontario.

Les tortues nouvellement écloses et les jeunes tortues ont un taux de survie extrêmement faible et sont confrontées à de nombreux prédateurs naturels : si elles ont la chance d’éclore! Les œufs de tortue sont souvent déterrés et mangés par des animaux comme les ratons laveurs, les renards et les moufettes.

La survie de l’espèce dépend de la production de nombreux œufs par les tortues adultes au cours d’une très longue vie. Les tortues ont besoin de 8 à 25 ans avant d’atteindre l’âge de la reproduction.

Une collision avec un véhicule peut être un coup dévastateur pour la population en raison du lent rétablissement des tortues.

Pour remédier à la situation, nous avons installé des clôtures d’exclusion des tortues le long de certains tronçons les plus fréquentés de la route du parc.

Des étudiants bénévoles à l’œuvre au parc Grundy Lake

Les étudiants stagiaires ont creusé une tranchée peu profonde et ont planté des piquets afin d’aligner la route avec une clôture recouverte d’une bâche noire. Grâce à leur grande détermination, sous la pluie, le soleil ou les nuages de moustiques, la clôture a été érigée en trois jours seulement!

Une tortue entourée d’une clôture

S’occuper des tortues

Les tâches ne se limitent pas à effectuer un relevé des mares et à planter des piquets…

Le groupe a également eu l’occasion de localiser et de manipuler des tortues dans le cadre du projet de surveillance des tortues du parc!

Une étudiante tenant une tortue

Des écologistes de Parcs Ontario ont appris aux étudiants comment « traiter » les tortues :

  • en mesurant leurs carapaces
  • en marquant leur position à l’aide d’un GPS
  • en identifiant les individus par des encoches distinctives sur la carapace
  • en déterminant si les tortues femelles portaient ou non des œufs (avec un léger piquage au ventre sous la carapace, près des pattes arrière)

Depuis 2013, le projet de surveillance des tortues au parc Grundy Lake comprend la participation de bénévoles, d’écologistes de Parcs Ontario et d’employés du parc qui suivent les mouvements, les sites de nidification et les caractéristiques des tortues du parc. Tout cela dans le but d’en savoir davantage sur l’utilisation de leur habitat et leur comportement de nidification, ce qui nous aide à mieux protéger ces animaux incroyables.

Nouvelle appréciation d’un oiseau commun

Si les étudiants ont certainement eu l’occasion d’apprendre à connaître la faune et la flore locales, parfois le fait d’avoir un nouveau regard sur une situation peut aussi créer une nouvelle expérience pour nous.

Un geai bleu

L’un des étudiants, Rutvik, avait fait des recherches sur les perroquets et les effets de la pollution sur leurs populations à proximité des villes en Inde. En tant que passionné d’ornithologie dans notre groupe, il travaillait constamment à améliorer l’identification des oiseaux d’Amérique du Nord.

Un jour, alors qu’il revenait d’avoir arraché une espèce de plante envahissante appelée herbe à l’ail (une autre tâche de gestion des ressources à laquelle les étudiants ont participé), Rutvik a posé des questions sur un oiseau qui chantait.

C’était le chant familier d’un geai bleu.

Quand je lui ai montré une photo de l’oiseau, son admiration pour celui-ci m’a fait réfléchir pendant un instant. Le fait de voir quelqu’un avec une si grande curiosité pour ces oiseaux communs m’a fait remettre en perspective ces oiseaux remarquables et intelligents.

Non seulement le partenariat avec le Collège Cambrian au parc Grundy Lake offre des expériences enrichissantes auprès des étudiants et du personnel, mais il apporte également une contribution précieuse à la gestion du parc et à la science!

Pour en savoir davantage sur la surveillance des tortues au parc Grundy Lake et la manière dont vous pouvez aider!