Fleurs de l’alliaire officinale

Le personnel du parc Arrowhead dit « halte à l’alliaire officinale! »

L’alliaire officinale est une espèce envahissante en Amérique du Nord, introduite d’Europe il y a plus d’un siècle.

C’est une ennemie de taille dans la lutte continue pour maintenir la biodiversité dans le parc provincial Arrowhead et bien d’autres parcs provinciaux. On la considère comme l’une des plus grandes intruses de la forêt en Ontario.

La menace que pose l’alliaire officinale

L’alliaire officinale peut survivre dans un vaste éventail d’habitats et elle se répand très rapidement. Une seule plante peut produire 150 gousses renfermant jusqu’à 22 graines chacune. Cela veut dire qu’une seule plante peut produire plus de 3 000 graines!

Elle supplante les fleurs sauvages indigènes (comme le trille blanc et l’épigée rampante), de même que les gaules.

Trilles rouges sur la couverture morte
Trille rouge

Sans intervention, un sous-étage sain et diversifié peut subir un déclin rapide de sa biodiversité, car l’alliaire officinale fait concurrence aux espèces indigènes voisines.

Les espèces envahissantes peuvent transformer de façon spectaculaire la couverture morte, en limitant la quantité de lumière et d’humidité dans cet habitat, ainsi qu’en modifiant le type de débris végétaux qui y tombent.

Les salamandres, comme cette salamandre à points bleus (trouvée dans le parc par l’équipe qui était en train d’enlever l’alliaire officinale), vivent sur la couverture morte, et se tapissent souvent sous les rochers et les rondins, se nourrissant d’invertébrés.

Petite salamandre noire avec points bleus

L’habitat naturel est beaucoup mieux pour la faune indigène que l’habitat dominé par des plantes envahissantes.

La lutte fait rage au parc Arrowhead

L’alliaire officinale a été identifiée pour la première fois et enlevée par un naturaliste du parc Arrowhead il y a 13 ans, soit en 2005.

En 2009, le parc a entamé un processus annuel plus vigilant de cartographie, de signalement et d’enlèvement, afin de mettre un frein à la propagation de la plante dans le parc.

Main tenant les feuilles lobées en forme de cœur
L’alliaire officinale au cours de sa première année de croissance. L’alliaire officinale est une bisannuelle; elle produit une tige florifère au cours de sa deuxième année de croissance

Chaque année, le personnel du parc est formé pour identifier et enlever la plante. Partout où la plante est repérée, elle est enlevée et son emplacement est cartographié pour que nous puissions observer tout changement ou tendance dans la croissance (p. ex. voir si et où de nouvelles plantes germent là où la plante est contrôlée).

Pourquoi revient-elle sans cesse?

De nombreuses feuilles vertes en forme de cœur poussant hors du sol
L’alliaire officinale durant sa première année de croissance

À l’instar d’autres espèces envahissantes, l’alliaire officinale se propage et se multiplie avec un succès incroyable.

Voici quelques-unes des caractéristiques qui permettent à cette espèce de connaître autant de succès :

  • les graines libérées des gousses de l’alliaire officinale peuvent rester viables dans le sol pendant de nombreuses années
  • ses racines produisent une substance chimique qui transforme le sol et peut empêcher la croissance des espèces indigènes
  • la plante pousse à un rythme plus rapide que celui de nombreuses espèces indigènes, leur livrant une concurrence efficace pour l’espace et la lumière du soleil, lesquels sont essentiels à la survie des plantes

Il n’y a donc pas de solution à court terme, et il est important que le programme d’enlèvement ait lieu chaque année pour contrôler la plante dans le parc.

Résultats de 2018 : un droite-gauche

Au printemps dernier, le parc Arrowhead a invité le public à participer à des séances d’enlèvement. Nous avons arraché plus de 40 kg (plus lourd d’un grand loup adulte du parc Algonquin!) d’alliaire officinale dans plus de 30 emplacements de camping, sur les terrains boisés adjacents et sur le bord du chemin sur une distance de près de 1 km!

En arrachant l’alliaire officinale au début de la saison, moins de plantes parviennent à maturité et il y a donc moins de graines plus tard au cours de la saison.

Deux membres du personnel de Parcs Ontario, dont une avec un appareil pulvérisateur

À l’automne, nous avons fait un suivi sur les sites avec une pulvérisation de produits chimiques. La pulvérisation des nouvelles pousses d’alliaire officinale ou des plantes éclaircies peut les éliminer davantage et aider à contrôler la population.

Au printemps prochain, notre personnel retournera sur les sites traités pour voir quelles plantes sont revenues, et il planifiera une autre séance d’enlèvement afin de contrôler cette espèce envahissante dans le parc.

Que faire si vous repérez l’alliaire officinale dans un de nos parcs?

Signalez-le.

Trouvez un membre du personnel au poste d’entrée ou au centre d’accueil et indiquez-lui ce que vous avez vu, y compris l’emplacement. Le personnel pourra ensuite confirmer l’identification, cartographier l’emplacement pour les dossiers du parc et éliminer la plante comme il se doit.

Un type dans la forêt tenant une alliaire officinale à plusieurs tiges
Alliaire officinale, arrachée au cours de sa deuxième année de croissance

Veuillez ne pas tenter de l’enlever vous-même.

Comme les graines se dispersent très facilement, il est crucial de l’éliminer de la bonne façon. L’alliaire officinale peut également ressembler à plusieurs plantes indigènes; veuillez donc permettre à notre personnel de confirmer qu’il s’agit bien d’une alliaire officinale avant d’enlever toute plante.

Si vous êtes un propriétaire foncier et que vous soupçonnez la présence de l’alliaire officinale sur votre propriété (ou que vous voulez tout simplement en savoir plus), consultez les Best Management Practices in Ontario for Garlic Mustard (en anglais seulement).


Pour contribuer aux célébrations du 125e anniversaire de Parcs Ontario, les parcs dans l’ensemble de la province tiennent 13 programmes d’intendance pour aider à protéger la biodiversité dans les parcs provinciaux.