Salamandre maculée

La salamandre maculée, annonciatrice du printemps

Salamanders are iconic and influential members of northern forest communities. As one of the most abundant invertebrates in the forests of eastern North America, the salamander is considered a “keystone species” because of its disproportionate role as a predator and prey in regulation. trophic network processes, in the nutrient cycle and in the resilience-resistance of the ecosystem.

In addition to performing key ecological functions, amphibians are our modern day “canaries in the coal mine”, serving as a measure of environmental health.

Salamander Study

Salamanders passage sign
Drive slowly within the park limits, and watch out for salamanders, especially during the migration season!

The research project consisting of an inventory of Bat Lake Inventory of Spotted Salamanders (BLISS) in Algonquin Provincial Park celebrates its 12 anniversary in 2020!

This study collects basic data on salamander populations to better understand what a healthy population looks like and what their role is in the larger environment.

Patrick Moldowan (MA student) and his supervisor Njal Rollinson at the University of Toronto coordinate the BLISS * project. Glenn Tattersall, a professor at Brock University, officially started the BLISS project in 2008 and helped support students throughout the salamander research.

This story – from the perspective of a male salamander – takes place during the spring migration and the breeding season. It was written by Patrick Moldowan and is inspired by the long-term supporter of the BLISS project, David LeGros (who is not a loving salamander).

The story

When we think of great migrations, what often comes to mind? The long wildebeest journey through the Serengeti? Or the crossing of the Americas by neotropical birds?

So unpretentious, the salamander often goes unnoticed.

Beginning of the journey

So imagine: you are 10 cm long, your limbs are short and robust, and you crawl on your stomach. Your skin is moist, sticky and porous. During the past six months, you have lived in the hollow of a rotten tree root, or perhaps, the abandoned burrow of a rodent to comfortably spend the winter there.

salamander
Migration of the Spotted Salamander ( Ambystoma maculatum ) at Bat Lake in Algonquin Provincial Park

Sheltered under the frost line and in total darkness, it is not food that occupies your thoughts, but rather find a lover. Somewhere in the gradually warming forest there is an attractive pond. You have to travel almost a kilometer on the ground carpeted with prickly spruce needles. Your descendants depend on it.

Finalement, les jours où il fait sous zéro sont chose du passé, mais les nuits glaciales persistent. L’important, c’est d’agir au bon moment. Trop tôt et vous risquez le gel. Trop tard et vous ratez la saison des amours.

Vous devez vous mettre en route à la première pluie.

Par-dessus des bandes de neige montagneuses, parmi des lits de mousse luxuriants et sous le tronc effondré de ce qui fut un pin imposant, abattu lors de la dernière tempête de la saison hivernale.

Et vous n’êtes pas la seule en mouvement.

Gray salamander
Salamandre cendrée

Plus petite, la salamandre cendrée (Plethodon cinereus), votre cousine, l’est aussi. Les salamandres seront probablement nombreuses cette année. Les pluies automnales ont permis une alimentation abondante et à la fin de l’hiver, vos réserves de gras sont encore considérables.

Combien de temps durera votre périple? Quatre nuits, peut-être cinq. Vous êtes chanceuse d’être l’une des rares bêtes à braver le froid.

Vous ne pouvez vous permettre d’être trop audacieuse, des prédateurs sont à l’affût. Le poison que sécrète votre peau ne peut vous sauver la vie que jusqu’à un certain point. Tout prédateur assez imprudent pour vous croquer recevra une dose poisseuse de votre venin, mais il demeure que certains de vos ennemis ont trouvé le moyen de contourner cet obstacle.

En avant

Alors que vous vous rapprochez de l’étang, le chœur des grenouilles est assourdissant. Grâce à leurs longues pattes, les rainettes crucifères et les grenouilles des bois n’ont pas perdu leur temps. Leur chant vibrant par toute la forêt semble particulièrement remarquable étant donné que juste avant leur réanimation, l’hiver battait encore son plein. Elles sont un peu trop zélées, ces petites…

Thawing lake
Le lac Bat, dans le parc provincial Algonquin, pendant le dégel printanier.

Il se fait tard et la lune monte, haut dans le ciel. Le premier plongeon dans le lac Bat est toujours un choc.

Ce peut être le froid ou peut-être la promesse d’une nouvelle année qui s’annonce. On se sent comme chez soi. L’époque des branchies est déjà loin alors que vous vous rappelez l’été que vous avez passé caché dans la boue, entre les feuilles de cassandre caliculé et du thé du Labrador et l’épaisse mousse du rivage.

Salamander embryos
Embryon à la phase tardive

Il vous restait à acquérir vos mouchetures et faire votre entrée dans le vaste monde s’étendant au-delà du bord de l’eau. Et c’était sans compter les nageurs à coquilles lisses (dytiques prédateurs), les monstres à mâchoires comme des trappes (larve de libellule) et les coups rapides comme l’éclair (punaises d’eau géantes) dont il fallait toujours se méfier. Ces dangers ne sont pas complètement disparus.

Il n’y a pas de temps à perdre. Les autres salamandres pourraient être ici dès le lendemain, dépendant des conditions météorologiques. Et donc, vous vous installez.

Un hamac de mousse submergée s’inclinant doucement depuis la rive : parfait! La tige brisée d’un cassandre caliculé servira de touche spéciale à votre décor.

Vous craignez cette étape. Vous avez toujours cru que vous n’étiez pas bon jardinier, mais vous vous mettez quand même au travail. Il ne sert à rien de perdre du temps à ce moment-ci. Ah! Cette galette de mousse fera l’affaire, et ce chicot submergé. Pièce par pièce, votre jardin séminal parfaitement manucuré prend forme, pas un seul spermatophore qui n’est pas à sa place.

Water
Jardin séminal de salamandre maculée, lac Bat, parc provincial Algonquin

Vous terminez juste à temps. Dans l’eau peu profonde, vous apercevez deux yeux globuleux qui vous regardent.

Glissant dans l’eau avec beaucoup de grâce, une femelle apparaît et entreprend d’examiner votre jardin, fruit de vos efforts. Elle prend son temps, ce qui est bon signe.

Elle erre de-ci, de-là. Joue-t-elle les timides? Alors mon gars, c’est le temps de faire bonne impression. Quelques câlins, un battement de queue et des chevauchées se suivent en un effort de séduire davantage la femelle. L’hiver a été long. Êtes-vous sûr de réussir?

Elle poursuit son manège dans le jardin, elle vous laisse deviner. Cela devient un jeu de « suivez le guide » alors que vous prenez les commandes et que vous la menez au milieu du jardin où elle marche avec précaution par-dessus quelques spermatophores avant de s’immobiliser sur place. Elle s’accroupit. Très lentement, elle se met en position et tape gentiment la capsule gélatineuse avec la base de sa queue.

Spotted salamander spermatophore
Spermatophore de salamandre maculée

Sans hésitation, le spermatophore disparaît dans son appareil génital. La femelle fait quelques pas et recommence avec le spermatophore suivant. Vous soupirez de soulagement : vous avez réussi. La femelle revient sur ses pas et vous rend vos caresses. Vous la suivez alors qu’elle prend la direction de l’épais lit de feuilles. Le voyage sur terre a été long pour elle et ce soir, elle se repose; elle pondra ses œufs demain.

Dans un éclair de taches jaunes, vous disparaissez tous les deux en toute synchronicité.

Le réveil printanier hâtif en a valu la peine.

Mace of spotted salamander eggs
Masse d’œufs de salamandre maculée

* The BLISS project organizers would like to thank the many student volunteers, the non-profit Algonquin Wildlife Research Station (check its Facebook and Twitter pages for frequent updates on its wildlife research) and Ontario Parks for their support. To support studies on salamanders, among the many other research and wildlife conservation projects in Algonquin Park, donations can be made by contacting the Algonquin Wildlife Research Station or by consulting the web links above.