Êtes-vous un photographe de la faune respectueux de l’éthique?

Les fêtes sont venues et reparties, et beaucoup d’entre nous ont reçu en cadeau le tout dernier iPhone ou un nouvel appareil photo numérique bien rutilant, ou peut-être un reflex mono-objectif avec quelques lentilles sophistiquées.

Le doigt nous démange maintenant pour déclencher l’obturateur. Nous sommes prêts à pointer l’appareil sur quelque chose de spectaculaire et à immortaliser un beau souvenir. Mais où aller?

Ce n’est pas pour nous vanter, mais les parcs de l’Ontario sont très beaux et emblématiques. Couvrant près de 10 % de la province et protégeant certains des habitats les plus rares et les plus pittoresques de l’Ontario, nos parcs sont peuplés d’une faune diverse, des fascinants insectes aux énormes orignaux.

Bref, ce sont des paysages de rêve pour les photographes.

Nous aimons aussi les animaux. Nous savons à quel point il peut être grisant de rencontrer des animaux sauvages. Nous comprenons que vous teniez absolument à prendre cette photo sublime.

Mais avant de prendre la route, demandez-vous : est-ce que prendre une photo sublime justifie de risquer la vie d’un animal ou la santé d’un écosystème?

Si votre réponse est « non », consultez notre liste de 7 infractions communes en matière de photographie pour vous assurer d’agir de façon à garder nos parcs sécuritaires et sains.

(Au fait, nous savons que la plupart des photographes ont des normes élevées et une éthique solide en matière de photographie de la faune [vous êtes fantastiques!]. Si vous êtes déjà un photographe respectueux de l’éthique, vous pourriez faire connaître cet article à des collègues ou à des nouveaux dans votre réseau.)

1. Attirer et nourrir les animaux

Nous avons été témoins de comportements vraiment répréhensibles. Maculer des arbres avec des aliments humides pour chats et du beurre d’arachides pour attirer des martres d’Amérique. Attirer des renards roux dans des véhicules avec de la viande de poulet.

 Ne faites pas ça!

L’aliment peut ne pas être nuisible pour l’animal immédiatement, mais nourrir ou appâter habitue l’animal à cesser de se méfier des humains.

foxes habituating
Voici un animal dénaturé. Les animaux prêts à arpenter des chemins achalandés et à s’approcher de véhicules ne vivent généralement pas longtemps.

L’habituation se produit lorsqu’un animal est exposé à un stimulus un si grand nombre de fois qu’il perd la sensibilité ou cesse de voir une menace dans le stimulus. L’appâtage entraîne l’habituation, « récompensant » un animal pour un comportement anormal.

Nous comprenons que vous mourez d’envie de prendre une photo de cette adorable créature, mais gardez la nourriture dans votre poche. Ça ne vaut pas de risquer la vie de l’animal.

Psst! Même si ce n’est pas vous qui le nourrissez, prendre des photos d’un animal qu’on est en train de nourrir l’habitue quand même à ne pas craindre les gens.

2. Marcher hors des sentiers

Les employés des parcs ont souvent vu cela : un magnifique paysage ou des animaux sauvages à un endroit prévisible, et quelqu’un est en train de prendre des photos.

Tout ça paraît correct?

Absolument. Tant qu’on reste sur le sentier.

visitors on trail
Vous pouvez contribuer à protéger les parcs en restant sur le sentier lorsque vous prenez des photos.

Beaucoup de nos parcs abritent des habitats sensibles et des espèces que l’on peut piétiner, écraser ou détruire par inadvertance si l’on quitte le sentier en quête d’une photo exceptionnelle.

Vous n’êtes peut-être pas conscient des dommages que peuvent causer quelques pas au mauvais endroit. Donc, restez sur les sentiers; ils existent pour une bonne raison.

3. Endommager l’habitat

Nos parcs provinciaux sont des merveilles pittoresques, mais chaque saison nous voyons des photographes qui ressentent le besoin de « meubler le décor ».

Un exemple : les branches de ce pin ont été taillées par des photographes trop zélés qui essayaient de trouver l’angle idéal.

pine tree

Nous avons trouvé ce couteau sous l’arbre après leur départ. Ils s’en étaient servis pour appliquer du beurre d’arachide sur le pin afin d’attirer des animaux.

knife on ground

Nous avons également vu des photographes prendre des branches recouvertes de lichen ou chargées de baies et les placer là où les oiseaux risquaient de se poser, pour prendre une « meilleure » photo.

Endommager et enlever des broussailles dans les parcs provinciaux est ILLÉGAL. Cela risque de nuire à l’écosystème et peut vous valoir une amende salée.

4. Introduire une espèce non indigène

Afin d’éviter de se voir imposer une amende pour avoir ramassé des broussailles, certains apportent des bâtons et de la végétation de chez eux pour décorer leur scène.

Sur cette photo, des gens ont mis un sac camouflé par-dessus la mangeoire pour encourager les oiseaux à se poser plus près des photographes, découpant leur propre végétation « décorative ».

Ils n’endommagent pas directement la végétation du parc, mais ils peuvent introduire par mégarde des plantes envahissantes dans le parc. Comme le bois à brûler, la végétation apportée de chez soi peut être infestée d’insectes envahissants ou d’autres pathogènes pouvant endommager nos forêts.

Au fait, laisser ces baies et ces branches en partant, c’est laisser des détritus – ce qui est tout à fait interdit (et illégal).

5. Comment se comporter au bord de la route

Dans certains parcs, on aperçoit couramment des animaux tels que l’orignal, le cerf de Virginie ou l’ours noir le long des routes.

Tous les ans, il y a des dizaines d’embouteillages sur nos routes, et des gens qui arrêtent leur véhicule sur la voie de circulation. Ils sortent de la voiture et se tiennent au milieu du chemin, l’œil fixé au viseur – oubliant la présence d’autres véhicules.

Les amis : ce n’est pas sécuritaire!

Avant de prendre votre appareil photo :

  • quittez sans danger la partie de la route réservée à la circulation
  • allumez vos feux de détresse
  • regardez des deux côtés avant de traverser le chemin

6. Suivre les animaux

Les animaux posent rarement pour nos photos. Les photos de faune réussies sont souvent le résultat de la chance, de la patience et de l’expérience.

Il est important de ne pas oublier : Les photographes respectueux de l’éthique ne s’approchent jamais trop près de l’animal!

moose on road
Ces photographes maintiennent une distance respectueuse en prenant leurs photos. Les orignaux sont des animaux sauvages puissants; les suivre peut les faire sursauter et les inciter à retourner sur le chemin en courant.

L’animal peut penser que vous le poursuivez (et c’est bien ce que vous faites!) et peut perdre sa placidité pour se mettre sur la défensive. Vous pouvez également l’effrayer et lui faire adopter un comportement risqué tel que courir sur la route. Cela est encore plus grave si l’animal est accompagné de jeunes (on ne se place pas entre la maman et ses bébés!).

Poursuivre des animaux ou les suivre de trop près est considéré comme du « harcèlement », et c’est illégal.

Si vous pouvez prendre un autoportrait avec un téléphone, vous êtes beaucoup trop proche. Acceptez les limites de votre appareil photo, apportez un zoom et respectez l’espace des animaux.

7. Ceci est un enregistrement

Pour obtenir qu’on oiseau s’approche, certains photographes utilisent un enregistrement de son cri. Beaucoup d’oiseaux, particulièrement les mâles, s’approchent pour en savoir plus sur ce rival potentiel.

Au cours de la saison des amours, cela détourne leur attention de leurs vrais rivaux et les empêche de prendre soin de leur partenaire ou de leurs oisillons. Le reste de l’année, les enregistrements peuvent stresser les oiseaux et les empêcher de se nourrir. Par exemple, l’hiver les oiseaux doivent beaucoup manger simplement pour survivre à la nuit.

Beaucoup de parcs abritent des espèces menacées ou en voie de disparition. Il est donc nuisible de les perturber.

Encore une fois : il est illégal de harceler les animaux sauvages dans les parcs provinciaux.

Nous aimons nos photographes

Cela étant dit, nous apprécions vraiment que les gens viennent dans les parcs de l’Ontario pour y trouver plaisir et inspiration. Beaucoup de bons photographes ont fait don de photos à des parcs, tandis que d’autres photos ornent des unes de journaux des parcs, des messages de médias sociaux et d’autres publications – merci à tous!

La photographie éthique et responsable est un excellent passe-temps et un remarquable moyen de se rapprocher de la nature. Nos parcs provinciaux sont là pour vous : chérissez-les! Et si vous aimez la faune et les endroits sauvages, vous essaierez d’avoir sur eux le moins d’impact possible.

Donc, aidez-nous à faire passer le message

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