Journée mondiale des zones humides

Bonne Journée mondiale des zones humides!

Tourbière oligotrophe ou bog. Marécage. Tourbière basse. Boue, vase et fange…

Ça semble terrible, n’est-ce pas? Quand les réalisateurs de films veulent corser l’action pour leurs personnages, ils les plongent parfois dans un décor de zone humide – pensez à Humphrey Bogart dans le film classique « African Queen », où il se démène jour après jour aux commandes de son bateau pour traverser un marais inextricable.

Les zones humides ont mauvaise réputation, mais elles sont extrêmement importantes pour nous tous.

Sans elles, les choses seraient beaucoup plus difficiles sur la vieille planète Terre. Comme de grosses éponges, elles emmagasinent l’eau nivale et pluviale, puis la libèrent en temps de sécheresse. Elles procurent de riches habitats aux plantes et aux animaux, et créent la « biodiversité » : la diversification de la vie.

L’Ontario est un vaste territoire offrant une grande variété de zones humides sur toute sa superficie. Par conséquent, à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, nous voulons célébrer et partager avec vous la richesse des marécages, des tourbières basses, des bogs et des marais que nous avons dans nos parcs!

Marais

Situé à l’embouchure de la rivière Mississagi, le parc provincial Mississagi Delta est un marais estuarien.

Marais_Mississagi_Delta
Parc provincial Mississagi Delta

Les marais sont caractérisés par une eau peu profonde et des niveaux d’eau qui fluctuent d’une saison à l’autre. Les marais sont riches en nutriments et constituent souvent un poste de ravitaillement pour les oiseaux migrateurs et une pépinière pour les alevins. Ce type de zone humide favorise une grande biodiversité.

Tourbières basses

Tourbière basse côtelée des zones humides de Nemegosenda River
Tourbière basse côtelée du nord au Parc provincial Chapleau-Nemegosenda River

Les tourbières basses sont un type de zone humide riche en oxygène et en nutriments. L’eau y circule. Les niveaux d’eau dans les tourbières basses pouvant monter et descendre, une plus grande diversité d’espèces est possible. Les carex et les arbustes constituent l’essentiel de la vie végétale.

Il y a une grande variété de tourbières basses, y compris les tourbières basses côtelées du nord (décrites ci-dessus). Voici ce que dit le Système canadien de classification des terres humides :

(Traduction) « Ces tourbières basses présentent des crêtes (chaînes) de tourbe quasi parallèles et basses qui enferment des cavités humides allongées ou des bassins peu profonds. Les crêtes ou les creux sont orientés perpendiculairement à la direction de l’écoulement en surface. L’épaisseur de la tourbe dépasse généralement 2 m et elle est composée de débris de carex et de mousse modérément décomposés. Les arbres poussent souvent sur les crêtes. »

Bogs à palses

Une palse est un monticule de sol minéral et de tourbe constamment gelés, soulevé par les eaux souterraines gelées. Les palses, de forme convexe, s’élèvent à au moins un mètre du sol.

Palses à Polar Bear
Bogs à palses au parc provincial Polar Bear

Fait intéressant, on peut trouver des palses aussi bien dans les tourbières basses que dans les bogs.

L’une des formes de vie dominantes est la cladonie arbuscule (donnant la couleur blanchâtre à la photo ci-dessus) qui se développe au sommet des bogs à palses. Sur cette photo, des bogs entourent les palses dans les sections inférieures plus humides, montrant des zones vertes entre les palses. Des étangs se forment entre les palses. Les arbres sont rares dans le parc provincial Polar Bear en raison des conditions glaciales, mais on peut voir quelques arbustes bas poussant parmi le lichen.

Marécages

Vue aérienne de Wakami – vue du sud
Parc provincial Wakami Lake (le lac Little Wakami se trouve dans le coin supérieur gauche)

Un marécage est une zone humide qui contient souvent des arbres. Les marécages sont traversés par une eau douce souterraine et les arbres qui y poussent sont adaptés aux conditions humides, mais ont néanmoins besoin de beaucoup de nutriments. Cette photo montre un marécage de conifères avec de nombreuses espèces boréales d’arbres et d’arbustes.

Dans le parc provincial Wakami, le marécage est entouré de dunes paraboliques sur lesquelles des arbres et des arbustes peuvent pousser. Bien que le marécage soit un environnement humide, les forêts de dunes sont des écosystèmes générés par le feu (p. ex. déclenché par la foudre) dont ils ont besoin pour se régénérer. À la fin de la période glaciaire, les niveaux d’eau ont baissé et le sable a été balayé par le vent, créant ainsi des dunes paraboliques (la section sinueuse située au centre de l’image ci-dessus).

Les mélèzes (une espèce de conifère qui perd ses aiguilles chaque automne) et les bouleaux glanduleux (photo ci-dessous) sont typiques des arbres qui poussent ici. Ces arbres peuvent survivre avec l’eau qui coule autour de leurs racines, à condition que l’eau contienne suffisamment de nutriments.

Mélèzes et bouleaux glanduleux - Wakami
Mélèzes et bouleaux glanduleux poussant à Wakami Lake

Marais salés

Marais salé de Polar Bear
Marais salé du parc provincial Polar Bear

Les marais salés se créent le long des côtes d’eau salée dans des zones protégées des vagues et des tempêtes. Les marais sont inondés par les marées, mais ne sont pas détruits par les vagues violentes. Ils ne se vident jamais complètement et abritent des plantes adaptées à un mélange d’eau douce et d’eau salée. Les marais salés du parc provincial Polar Bear fournissent nourriture et habitat à un grand nombre d’oiseaux qui migrent ou qui nichent dans le parc.

La photo ci-dessous montre à quoi ressemble un marais salé quand une rivière s’y répand avant de se jeter dans la mer.

Lacis du marais salé de Polar Bear
Lacis du marais salé dans le parc provincial Polar Bear

Tourbière

Tourbière du lac Stag
Tourbière du lac Stag dans le parc provincial Mississagi

En raison de sa taille, la tourbière du lac Stag contient une variété de zones humides, notamment des marécages de conifères, des tourbières basses, un bog et des zones marécageuses ouvertes.

Cet environnement diversifié comprend des aires de ravitaillement pour les orignaux, des cours d’eau froide peuplés d’ombles de fontaine, des zones de nidification pour la grue du Canada et des plantes rares dans la région.

Combinaisons tourbière basse-marécage-bog

Vue aérienne de la zone humide de Misery Bay
Zone humide dans le parc provincial Misery Bay

Misery Bay wetlands

Cette zone humide d’importance provinciale du parc provincial Misery Bay est la plus grande de l’île Manitoulin.

La zone humide de Misery Bay présente des caractéristiques propres aux tourbières basses, aux marécages et aux bogs. C’est un habitat crucial pour de nombreuses créatures, y compris ces grues du Canada.

Grues dans le parc provincial Mississagi
Grues du Canada effectuant leur danse nuptiale

Si vous avez visité un parc de l’Ontario, vous avez découvert la beauté des terres humides de notre province.

Nous espérons que vous prendrez le temps cette année de pagayer à travers les tourbières basses, de vous promener sur le trottoir de bois enjambant le marais et d’approcher des boues marécageuses…et même d’y patauger.

Faites part de votre amour pour ces écosystèmes diversifiés sur Twitter en utilisant le mot-clic #Journéemondialedeszoneshumides.