Un homme et une femme regardant une carte des sentiers

Autrefois et maintenant : la cartographie et le SIG

Le billet d’aujourd’hui provient de Steven Groulx, un technicien en base de données du SIG au  parc provincial Algonquin.

Aujourd’hui, c’est la Journée du SIG, et pour célébrer cette journée, nous pensions retourner dans le passé pour déterminer comment le SIG a évolué au cours des années. De la cartographie au suivi, en passant par la collecte de données, le personnel du SIG peut tout faire!

La cartographie d’il y a longtemps

La cartographie était un processus fort différent en 1893, avant les avions, le GPS et les ordinateurs.

Cette carte a été réalisée en 1893, il y a exactement 125 ans, alors que le parc provincial Algonquin (à cette époque appelé parc national Algonquin) était créé en tant que premier parc provincial de l’Ontario. Elle aurait été dessinée à la main, en utilisant les informations des relevés de terrain et les connaissances locales.

Actuellement, il est évident que notre capacité à gérer les données spatiales et à cartographier les caractéristiques importantes a beaucoup évolué, même si les principes de base sont restés les mêmes.

Les cartes ont toujours constitué un important élément de Parcs Ontario, des cartes de sentiers aux cartes des terrains de camping, en passant par les cartes utilisées pour les plans de gestion des parcs.

Une image vaut mille mots, une carte vaut mille images et nous n’aurions pas les cartes que nous avons de nos jours sans le SIG.

SIG moderne

Les méthodes auxquelles nous avons recours pour créer des cartes et gérer des informations spatiales ont grandement évolué depuis la création de Parcs Ontario en 1893. Plus particulièrement, l’introduction des ordinateurs dans le processus nous a permis de gérer et de stocker les grandes quantités de données du SIG.

« SIG » signifie « système d’information géographique » et il sert à désigner les données spatiales, l’équipement utilisé pour les saisir et les stocker, ainsi que les méthodes appliquées pour traiter et analyser ces données.

Les parcs provinciaux de l’Ontario se présentent dans toutes formes et toutes superficies. Il appartient à nos techniciens de SIG de savoir où chaque élément se trouve dans ces vastes régions. Avec les technologies modernes, créer des cartes comme celle-ci est beaucoup plus simple qu’auparavant. Ce qui pouvait autrefois avoir pris des heures ou des jours peut maintenant ne prendre que quelques minutes!

À Parcs Ontario, où nous gérons plus de 80 000 km2 de terres, il est important d’avoir un système en place qui nous permet de savoir où tout se trouve!

Les outils de travail

L’avion est une avancée technologique importante qui a amené le SIG à son niveau actuel. Après la Première Guerre mondiale, l’utilisation de plus en plus répandue des avions a permis aux entreprises privées et aux gouvernements de capter des images de vastes contrées avec des caméras montées à bord.

La photogrammétrie, qui consiste essentiellement à utiliser des photos pour mesurer des zones réelles, a grandement simplifié le processus de création de cartes plus détaillées et plus précises.

À ce jour, l’imagerie aérienne est un outil extrêmement précieux que les techniciens de SIG peuvent utiliser pour vérifier les caractéristiques cartographiées existantes ou pour cartographier de nouvelles caractéristiques selon ce que l’imagerie leur révèle.

Cette image aérienne a été prise d’un avion survolant le lac Clydegale dans le parc provincial Algonquin. Un simple coup d’œil suffit à montrer comment cette technique aide à cartographier les lacs, les cours d’eau et les zones humides et contribue ainsi à la prise de décisions de gestion à l’avenir.  Cette photo a été prise en 1978; de nouvelles images sont prises à quelques années d’intervalle afin de tenir nos informations à jour autant que possible.

L’imagerie aérienne a vraiment pris son envol (jeu de mots) dans les années 1930, mais même alors, les cartes créées à partir de ces images étaient toutes des cartes imprimées.

Certaines des cartes les plus avancées utilisent la cartographie par tamisage, un processus permettant de cartographier diverses caractéristiques sur plusieurs feuilles de papier transparent et de les superposer les unes sur les autres pour cerner les schémas.

Ce processus était idéal pour trouver des zones de chevauchement, mais il était souvent lent et rendait très difficile la mesure de zones précises. Dans les années 1960, notre système moderne a finalement émergé avec l’introduction des ordinateurs.

Le tout premier système d’information géographique moderne a été le Système d’information géographique du Canada (SIGC), créé par le géographe Roger Tomlinson. Le fait de disposer de données spatiales précises nous aidant à gérer et à conserver nos vastes régions naturelles était et demeure une priorité pour le Canada.

Les déplacements des animaux

Une de nos plus importantes missions à Parcs Ontario est de veiller à maintenir l’intégrité écologique de nos parcs. Une grande partie de cette activité consiste à suivre nos populations fauniques afin de nous assurer que les espèces sensibles sont bien protégées.

Orignal femelle et son jeune dans la forêt

À la suite de l’invention du GPS (système mondial de positionnement) dans les années 1970, devenu accessible au public dans les années 1990, nous avons pu utiliser ces systèmes par satellite pour localiser précisément des emplacements sur la Terre.

Cette technologie était particulièrement utile pour la surveillance des espèces sauvages, car nous pouvions utiliser les émetteurs GPS pour identifier rapidement et facilement les endroits où la faune était observée.

Nous pouvions également fixer un GPS aux animaux pour déterminer où ils allaient quand ils n’étaient pas observés et ainsi nous faire une idée de leur comportement.

En étant aptes à créer des cartes détaillées des points où ces animaux étaient observés, nous pouvions cartographier leurs habitats, ce qui nous aidait à mettre en vigueur les mesures législatives de protection (comme la Loi sur les espèces en voie de disparition) pour préserver ces espèces et maintenir l’intégrité de l’écosystème.

Les colliers émetteurs (comme celui illustré ci-dessus) transmettent leurs positions GPS à un récepteur, permettant ainsi aux biologistes de suivre les déplacements des espèces sauvages sans devoir les observer directement, ce qui donne une meilleure connaissance de l’habitat et du comportement de la faune.

La cartographie aux fins de gestion

Les parcs provinciaux de l’Ontario varient grandement en superficie (le parc provincial Polar Bear est plus de deux fois plus grand que la Jamaïque!) et représentent un large éventail de valeurs et d’intérêts divers.

Paysage de Polar Bear
Parc provincial Polar Bear

Pour s’assurer que tous les objectifs du parc sont atteints, chaque parc possède son propre plan de gestion du parc.

Les cartes sont essentielles pour ces plans, déterminant en détail quelles parties du parc sont consacrées à quels types d’activités. Un technicien de SIG peut s’assurer que toutes les valeurs importantes, telles que l’habitat des espèces en voie de disparition ou les zones humides sensibles, sont comprises dans les types de zones appropriés. Les planificateurs de parc, les biologistes et les surintendants peuvent ainsi prendre des décisions éclairées quant à la façon de gérer le parc.

Voici une carte tirée de la modification du plan du parc provincial Algonquin en 2013, qui met en évidence les nouvelles aires de zonage. La délimitation des zones aide Parcs Ontario à décider comment gérer au mieux les aires.

En plus des caractéristiques naturelles, Parcs Ontario peut également utiliser le SIG pour protéger les caractéristiques du patrimoine culturel.

Les informations telles que les lieux importants pour les peuples des Premières nations ou les camps de bûcherons historiques peuvent être gérées dans le SIG pour garantir leur préservation et leur respect.

Le parc provincial Quetico a travaillé de concert avec la Première Nation du lac La Croix pour créer cette carte, en identifiant les sites importants sur le plan culturel et ainsi s’assurer qu’ils sont bien protégés.

Lieux récréatifs

Bien sûr, à titre de visiteurs de Parcs Ontario, vous connaissez probablement mieux nos activités récréatives.

Celles-ci comprennent les sentiers, les terrains de camping et les emplacements de camping en arrière-pays. Une base de données détaillées et précises de nos installations récréatives nous permet de créer des cartes utiles pour nos visiteurs.

Cette carte des emplacements de camping du parc provincial Arrowhead fournit aux campeurs des informations précieuses sur la façon de trouver leur emplacement de camping et les commodités à proximité, contribuant ainsi à améliorer la qualité de leur séjour.

Les données spatiales peuvent également servir à créer des cartes et d’autres produits d’information sur les sentiers, ce qui aide nos visiteurs à planifier leurs expéditions.

Voici un profil d’élévation du sentier Hardwood Lookout dans le parc provincial Algonquin.

En sachant à quel point certains des segments du sentier sont escarpés, vous pouvez en déterminer la difficulté et repérer les meilleurs points de vue. Les emplacements numérotés sont les repères de sentiers, ce qui permet aux visiteurs de les situer sur la carte.

 SIG et l’avenir

Il peut être difficile de savoir exactement où les nouvelles technologies nous mèneront, mais les choses avancent rapidement.

Vous pouvez certainement vous attendre à ce que le SIG joue un rôle plus actif dans la prise de décisions par voie de l’analyse prédictive qui consiste à utiliser des données antérieures pour prévoir les résultats futurs.

De nouveaux services de cartographie offrant aux visiteurs des informations plus à jour sur l’état des sentiers, par exemple, peuvent également poindre à l’horizon.

En cette journée du SIG, prenez quelques minutes pour observer votre entourage et prendre en considération les multiples couches de données qui s’y trouvent, toutes stockées dans un système d’information géographique et utilisées pour améliorer nos existences de nombreuses façons.

Joyeuse journée du SIG!