Madtom Madness - image of group in river

C’était une journée idéale pour être dans la nature, plus précisément dans le coin de la rivière Mississippi, dans le comté de Lanark (Ontario). Ce jour-là, les automobilistes devaient bien se demander ce que pouvait faire ce bonhomme sorti tout droit du film « S.O.S. Fantômes » qui se déplaçait au milieu de la rivière, et ce que faisaient aussi ses deux acolytes munis d’un filet.

Le chasseur de fantômes n’était autre qu’Alan Dextrase, un biologiste d’Ontario Parks, Section de la protection des espèces en péril, qui portait sur le dos son appareil de pêche à l’électricité. L’appareil émet dans l’eau un courant électrique faible qui assomme légèrement tout poisson se déplaçant à proximité. Ses deux acolytes, Leslie Hunt et Regina Varrin, étaient à l’affût, prêtes à attraper les poissons flottant vers la surface, le but de toute l’opération étant d’effectuer des prélèvements sur les poissons. Plus particulièrement, elles recherchaient des chats-fous liserés.

Le chat-fou liseré est une petite barbotte (famille des Ictaluridés) qui pourrait – après des études plus poussées – se retrouver bientôt parmi les espèces en péril. En Ontario, on trouve le chat-fou seulement dans quelques endroits de la région des lacs Muskoka et du comté de Lanark.

Les chercheurs scientifiques du ministère des Richesses naturelles essaient de déterminer si les chats-fous sont indigènes de l’Ontario ou s’ils ont été introduits comme appâts à partir des États-Unis. Ceci sera déterminé par une étude génétique, et pour cela, il faut prélever un échantillon de tissu sur le poisson. Dans le cas des chats-fous, on coupe un petit morceau de l’une des nageoires pelviennes (situées sur les côtés, au bas du corps).

Ce jour-là, dans la rivière Mississippi, on recueillait dans un seau les chats-fous liserés légèrement étourdis qui remontaient à la surface. On a mesuré les poissons, on leur a coupé un petit morceau de nageoire, puis on les a relâchés dans la rivière. Au centre de recherche de l’Université Trent, à Peterborough, le chercheur Chris Wilson effectuera des analyses de l’ADN sur les échantillons de nageoire pour déterminer si ces chats-fous sont effectivement indigènes de l’Ontario.

Au cours de l’opération, on a capturé 28 chats-fous liserés – le plus grand nombre de cette espèce en péril que l’on ait jamais trouvé en en seul endroit au Canada. Outre les chats-fous, 9 autres espèces ont été recueillies : un crapet arlequin, un crapet-soleil, un dard-perche, une lotte, un crapet de roche, un achigan à petite bouche, un achigan à grande bouche, un naseux de rapides et une ouitouche. Le nombre d’espèces recueillies ce jour-là, dont une espèce en péril, est bon signe. Cela veut dire que la rivière Mississippi est propre et qu’elle fournira un habitat sain à de nombreuses et différentes espèces de poissons et d’autres animaux aquatiques.

En aidant les espèces en péril, nous protégeons aussi l’environnement pour tous les êtres vivants, donc pour nous tous.

Espèces en péril – Agir aujourd’hui pour qu’elles vivent demain.

Sue Russell, agente d’information, Programme de protection des espèces en péril



Dernière modification: Le 7 avril 2003
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario, 2003

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