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Camping sauvage dans les parcs de l'Ontario : le récit d'une première expérience
Nellie Lake shoreline
Shoreline of Nellie Lake
Une nuit profonde sous un ciel semé d’étoiles. L’air frais et vif du petit matin. La brume comme un voile flottant sur un lac immobile. Ce sont là des images qui jouaient dans ma tête à l’idée d’aller faire du camping dans les parcs de l’Ontario. Mais j’avais aussi à l’esprit le terrain de camping familier et la présence rassurante des autres campeurs toujours proches. Pour la première fois, cet été, il n’y aurait pas de campeurs autour de moi. La solitude, le silence et la nature sauvage seraient mon décor. Au programme, donc, une aventure dans l’arrière-pays d’un parc provincial : Killarney. Je sais maintenant que le camping sauvage représente une expérience différente, pas nécessairement meilleure… différente, tout simplement. J’aimerais partager avec vous cette première expérience et vous dire ce qui, à mon avis, a contribué à en faire une expédition réussie.

Première différence, les préparatifs. Auparavant, si on peut appeler ça une routine, je ramassais mon matériel, jetais tout ça en vrac dans le coffre de la voiture et m’en allais. J’emportais un peu de nourriture, sinon j’en achetais en route. Si j’avais oublié quelque chose, bof, rien de grave! Cette fois-ci, pas question de procéder ainsi. Mon sac à dos était fin prêt avant le départ, et surtout léger. Il fallait m’assurer avant de partir que tout entrerait dans le sac. M’assurer aussi que je pouvais porter le sac, d’où la nécessité d’empaqueter léger. Il fallait planifier le voyage, car, une fois arrivé au parc, je partais en canot pour l’arrière-pays. J’ai appelé le parc à l’avance pour me renseigner sur la durée des parcours en canot. Après tout, qui d’autre pouvait mieux me renseigner que les gens sur place? C’était une expédition de trois jours en canot : un jour pour me rendre dans l’arrière-pays, un jour pour explorer et me déplacer ici et là, et un jour pour revenir. Trois jours… c’était bien pour une première expérience; un périple plus long semblait un peu plus intimidant.

Ça y est, c’est le départ. Je suis tout heureux, tout enthousiaste. Très vite, je me rends compte que les préparatifs n’ont pas été en vain. Je me répète (non sans une légère appréhension) que je vais bientôt laisser derrière le confort de la voiture et le soutien du personnel de Parcs Ontario. À cette pensée, j’achète une trousse de premiers soins. Bonne décision. Le premier soir, au terrain de camping où nous passons la nuit (je voyage avec un ami) avant de partir en canot, je me taille le pouce en coupant des oignons pour le dîner. La blessure est assez profonde, si bien qu’une fois arrivé dans le fin fond du parc, je suis bien content d’avoir de quoi me soigner correctement.

Première journée en canot. La pluie est au rendez-vous. Que dis-je… des trombes d’eau, du tonnerre et des éclairs! Mais une bonne journée au bout du compte, quand on a le matériel qu’il faut et la bonne attitude! J’ai un bon imperméable et des vêtements qui sèchent vite. J’ai aussi un lien profond avec la nature. Et aujourd’hui, le paysage tout autour de moi embellit ma journée. Mon regard s’attarde sur les collines vêtues de pins, et voilà un sourire qui émerge. Les pieds trempés sur le sentier de portage après avoir marché dans la boue et traversé des ruisseaux, je vois au milieu de tout ça la beauté du ruisseau, et le sourire revient. Rien, même pas une journée de pluie, ne réussit à me décourager. Ma communion avec la nature m’aide à transformer une journée pluvieuse en une grande aventure. Qu’il pleuve, qu’il tonne, je suis bien.

Campsite on Nellie Lake
The campsite on Nellie Lake
Breakfast on Nellie Lake
The "breakfast table" at Nellie Lake

Premier matin dans la solitude de l’arrière-pays. Je sors la tête de la tente et devant moi s’étale un lac d’un bleu pur, avec des rocs qui descendent jusqu’aux rives et, plus loin, des collines. Après une randonnée ardue jusqu’au lac Nellie, je constate durant le petit-déjeuner, que la nourriture a bien meilleur goût ici en pleine nature. Je ne sais pas comment ou pourquoi. C’est ce que je ressens… et que je goûte.

Je sors mon petit réchaud à gaz à un brûleur (appareil idéal pour le camping sauvage) et je m’installe à ma table de fortune, au sommet d’un roc qui descend jusqu’à l’eau. Mon gruau d’avoine à la cannelle n’a jamais été aussi bon.

Mon compagnon et moi nous étions dits au début des préparatifs que c’est la nourriture qui ferait que cette expédition serait réussie ou ratée. Chacun a préparé ses propres réserves. Mon compagnon a opté pour des aliments à cuire, préférant, par exemple, emporter du riz, qu’il préparait le plus souvent au pif, sans instructions. Pour ma part, j’ai acheté quelques sachets de mets déshydratés, jugeant que moins il y a à faire, mieux c’est. À vrai dire, après un petit incident plutôt comique, j’aurais dû opter pour l’autre approche. La méthode de préparation pour l’un de mes repas prêt-à-manger était incompréhensible. J’ai donc abandonné ce paquet pour en prendre un autre. Un bon conseil : si vous décidez d’acheter des mets déshydratés, essayez-les d’abord à la maison. Je ne sais pas ce qui était le plus comique – le fait que j’ai très vite abandonné mon idée de repas rapide ou la confusion qui se lisait sur mon visage quand j’essayais de déchiffrer la méthode. Mon ami, pendant ce temps-là, dégustait tranquillement son dîner.

Ce qui m’a le plus marqué dans ce périple, c’est la solitude qui nous entourait. Nous avons croisé des gens en chemin, mais c’était de brèves rencontres. S’il y avait d’autres campeurs, notre voisin le plus proche aux autres sites de camping devait se trouver à un kilomètre, ou même plus. Cette solitude nous a permis de renforcer notre intimité avec la nature à l’état pur. Une expérience profonde, très personnelle. Nous étions vraiment seuls en ce lieu tout à fait sauvage, nous débrouillant avec les moyens du bord, ne pouvant pas compter sur le magasin général au bout du chemin. J’avais l’impression que j’étais peut-être le seul en cet endroit à faire l’expérience du magnifique coucher de soleil qui se déployait à l’horizon. Que c’était pour moi seul que la nuit faisait éclater son feu d’artifice étoilé. Mon ami, lui, était bel et bien le seul la seconde nuit, lorsque, sans me réveiller, il est sorti pour vivre un moment inoubliable où, m’a-t-il dit le lendemain, pendant près d’un quart d’heure, il avait contemplé les étoiles. Je suis sûr qu’il y serait resté toute la nuit s’il n’avait pas été fatigué.

Sunrise on Grace Lake
Sunrise on Grace Lake

Dernier jour du périple. Je me réveille bien avant l’aube. Nous devons parcourir une certaine distance en canot jusqu’au point d’accès, puis reprendre la longue route du retour jusque chez nous. D’habitude, au début ou au retour de mes voyages, j’ai toujours très hâte de partir. Cette fois-ci, ma route est un lac dans toute sa paisible étendue. Pas un bruit. Personne autour. Nous faisons rapidement les bagages et partons. Au bout d’un moment, l’effort physique qu’exige l’aviron me fatigue. Mais la nature vient à mon secours et m’aide à soulager la tension. Il me suffit de balayer du regard le paysage qui nous entoure : un très beau lever de soleil, ce matin-là; la brume sur le lac s’évaporant peu à peu; l’appel d’un huart dans le lointain; les reflets scintillants de l’eau sous le soleil. Il n’en faut pas plus pour rendre le voyage plus court. Je pensais au début que trois jours suffisaient pour une première fois. Oui, c’est vrai. C’est vrai aussi que je ne voulais pas repartir. C’était bien ma première expérience du camping sauvage. Ce ne sera sans doute pas la dernière.

Scott Bishop – Un campeur et sa première expérience de l’arrière-pays

Pour d’autres renseignements et conseils sur le camping sauvage, consultez la section du camping sauvage sur notre site Web. Ce lien vous permettra aussi de voir la liste des parcs qui offrent du camping sauvage.

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Dernière modification: Le 7 février 2003
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario, 2003

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