Kawartha Highlands Signature Site

Caractéristiques naturelles

Parmi la mosaïque des communautés biologiques des Terres-Hautes de Kawartha, certaines caractéristiques se distinguent comme zone d’excellence écologique. Ces caractéristiques dépeignent bien le patrimoine naturel auquel les intervenants du parc attachent de l’importance et doivent être protégées en tant qu’élément écologique et culturel essentiel de la zone protégée.

En 2000, le Centre d'information sur le patrimoine naturel du ministère des Richesses naturelles a entrepris une étude d’un an intitulée « Reconnaissance Life Science Inventory of the Kawartha Highlands Signature Site ». Sauf indication contraire (la plaine calcaire), le texte qui suit est extrait de ce rapport.

Qualités d’une région sauvage

Dans sa forme la plus pure, une aire de nature sauvage est vaste et vierge. Elle comprend des écopaysages et des plans d’eau à l’état originel, des plantes et des animaux indigènes, de l’eau et de l’air purs. C’est un lieu où la nature fonctionne librement, sans la moindre activité industrielle ou agricole. Une aire de nature sauvage est un lieu de merveille, de découverte scientifique et éducative, de solitude qui a entretenu l’évolution du corps et de l’esprit de l’homme. Une aire de nature sauvage est un lieu où les visiteurs réduisent les conséquences qu’ils ont sur les écopaysages et les plans d’eau par du camping écologique et des déplacements par des moyens non motorisés. La superficie standard des parcs sauvages de Parcs Ontario est d’au moins 50 000 hectares (l’idéal étant 100 000 hectares), et celles des zones de milieu sauvage est d’au moins 2 000 ha (l’idéal étant 50 000 hectares).

Il a été noté lors d’une étude des Terres-Hautes de Kawartha faite par hélicoptère en octobre 2000 qu’une grande partie de la région nord de l’étude n’avait en fait pas été touchée. Les seules traces importantes de la présence de l’homme dans cette région étaient quelques camps de chasse très espacés, deux sentiers importants de motoneige et deux routes anciennes, aussi utilisées par des véhicules tout-terrain (VTT). Certains des tourbières arborées et des marais semblaient être de qualité exemplaire, tout comme le marécage de cèdres qui se trouve au nord-ouest du périmètre.

À partir des nombreuses visites sur le terrain faites en 2000, il a aussi été noté que la plus grande partie du parc provincial actuel des Terres-Hautes de Kawartha, située immédiatement au sud de la région décrite ci-dessus, est relativement intacte. Le parc provincial est coupé par deux routes d’accès utilisées par des VTT et par des véhicules hors route et il y a un petit groupe de chalets sur les terres situées à l’ouest du lac Bottle. Outre ces facteurs de perturbation, le parc provincial actuel des Terres-Hautes de Kawartha et le vaste écopaysage naturel qui se trouve au nord forment, ensemble, ce que l’on peut considérer comme une « réserve naturelle intégrale » relativement intacte. La plupart des régions du centre sud et du sud-est de la région caractéristique ont aussi les particularités d’un milieu sauvage. De vastes étendues de terres sauvages, comme la partie nord des Terres-Hautes de Kawartha, peuvent servir de refuge à des espèces particulièrement sensibles à la présence de l’homme ou qui évitent les régions où vit l’homme.

Affleurements rocheux arides

L’une des particularités remarquables des Terres-Hautes de Kawartha, c’est sa représentation d’affleurements rocheux gneissiques. Ces affleurements rocheux se retrouvent dans toute la zone d’étude, mais surtout dans le quadrant sud-est du site et immédiatement au nord du lac Long, une région identifiée comme importante zone d’intérêt naturel et scientifique (ZINS) de la province, surtout à cause de ces affleurements rocheux. Ces affleurements servent d’aire de nidification à des populations de scinques pentalignes, rares dans la province, et, du moins avant, de parulines des prés. D’autres espèces d’intérêt sur ces affleurements sont, entre autres, le Juncus secundus, rare dans la province, ainsi que des groupes d’engoulevent bois-pourri, d’engoulevent d’Amérique et de junco ardoisé, qui se trouvent près de la limite sud de l’aire de nidification. étant donné que le sol est extrêmement mince voire inexistant, la végétation, sur ces affleurements, est très sensible au passage des véhicules et des hommes.

Forêts adultes

Les Terres-Hautes de Kawartha contiennent un certain nombre de peuplements de forêts de qualité exemplaire dont plusieurs sont restés intacts, entre autres :

1 Un peuplement vieux dominé par le pin blanc au sud-ouest du point d’accès de la route Tucker, qui a probablement les qualités des forêts qui dominaient la zone d’étude avant la période d’exploitation forestière intensive du siècle dernier (les survols en hélicoptère de la zone d’étude en octobre 2000 ont permis de repérer d’autres forêts de pins relativement adultes, éparpillées dans la zone d’étude);

2 Au nord de la partie ouest du lac Anstruther, le long des pentes des deux côtés du ruisseau Bottle, dans la ZINS du ruisseau Bottle et en quelques autres endroits, le paysage est dominé par des forêts de pruche du Canada;

3 Des forêts d’érable à sucre sur la plaine calcaire, à l’extrémité sud-ouest du site, dans l’ancienne réserve forestière le long de la route du lac Anstruther, et en quelques autres endroits;

4 Des forêts de chêne rouge à l’extrême nord-est du site. La paruline azurée, rare dans la province, se trouve en général dans les forêts de feuillus adultes au sud et le long de la ligne de séparation précambienne-paléozoïque, en Ontario.

La martre, importante pour la région, se retrouve dans des forêts adultes relativement intactes du bouclier précambrien, notamment si le pin domine. Certaines espèces liées à de vastes parcelles de sites naturels, comme l’orignal, la chouette rayée et la buse à épaulettes vulnérable, font aussi preuve d’une préférence pour les forêts adultes relativement intactes.

Plaine calcaire

De nouveaux renseignements sur l’alvar des Terres-Hautes de Kawartha ont surgi depuis qu’a été rédigé le « Reconnaisance Life Science Inventory of the Kawartha Highlands Signature Site » (Jalava et coll., 2001). Cet alvar se situe à la limite des écodistricts 5E-11 et 6E-9; il a donc fallu étudier les formations géologiques pour déterminer dans quel écodistrict il se trouvait vraiment. Il a été déterminé qu’il se trouvait dans l’écodistrict 5E-11 et non pas dans le 6E-9 comme on l’avait cru au début. Cette conclusion s’est imposée lors d’un examen plus récent (Crins et Bakowsky, 2004), ce qui fait que le texte du premier rapport a été remplacé par cette information nouvelle.

La plaine calcaire occupe une superficie relativement restreinte des terres de la Couronne, en partie dans l’extrémité sud-ouest des Terres-Hautes de Kawartha, la section nord se trouvant dans une zone de permis général. Elle abrite le meilleur exemple connu de végétation steppique du type alvar connu entre la plaine de Carden et la région de Madoc, ainsi que certains des peuplements de forêts les plus riches en espèces des Terres-Hautes de Kawartha. L’alvar est important pour la province dans le contexte de l’écodistrict et est aussi considéré comme une communauté de végétation généralement rare.

La plus grande partie de l’alvar des Terres-Hautes de Kawartha consiste en terrains boisés dominés par des arbres (pin souple, orme d’Amérique, cèdre, érable à sucre), en arbustes comme le genévrier commun et en une couche d’herbacées ayant l'apparence de graminées (carex de Pennsylvanie, danthonie à épi). Il y a quelques sections dégagées de prairies steppiques, dominées par la danthonie à épi, avec quelques genévriers communs épars, notamment près de l’extrémité sud.

La végétation steppique du type alvar située à environ 500 m au nord de Flynn’s Corners, à l’est du chemin de comté 507, consiste surtout en vastes prairies steppiques dominées par la danthonie à épi. Dans certaines sections, on y trouve quelques genévriers communs épars. On trouve aussi des terrains boisés avec quelques chênes blancs, ormes d’Amériques et cèdres épars, et une couche d’herbacées dominées par la danthonie à épi.

Alors que les deux sites ont une flore similaire, les espèces principales ou dominantes de chacun des sites sont différentes. Le site de l’alvar des Terres-Hautes de Kawartha contient surtout des terrains boisés des steppes alors que le site de Flynn’s Corners est plutôt recou vert de prairies. étant donné que ces deux sites sont les deux seuls alvars de l’écodistrict 5E-11 dont on connaît les valeurs représentatives, et du fait que leurs valeurs représentatives dominantes diffèrent, tous deux doivent être considérés comme importants pour la province. Les deux types de végétation ne sont pas représentés dans le système de zone protégée de l’écodistrict 5E-11.

L’alvar des Terres-Hautes de Kawartha semble être, partout, en excellent état. Il y a des traces d’un ancien incendie, mais il s’agit d’un facteur écologique maintenant l’alvar sur ce site sec.

Les bois situés sur cette plaine, sur les terres de la Couronne adjacentes à l’alvar, sont plus riches en éléments nutritifs que les affleurements rocheux gneissiques et les sols de till granitique qui dominent la zone d’étude. En conséquence, la diversité des espèces y est plus grande. Dans la zone d’étude, un certain nombre d’espèces de plantes vasculaires, entre autres, la Butternut, rare dans la province, et la fougère ambulante, rare dans la région, ont été trouvées seulement dans les terres boisées recouvrant le calcaire.  

Communautés des tourbières et des marais

Les Terres-Hautes de Kawartha contiennent des exemples extraordinaires d’animaux des tourbières et des marais. Diverses communautés du genre ont été observées lors de travaux sur le terrain, et plusieurs autres ont été observées dans la partie nord de la zone d’étude pendant le survol en hélicoptère effectué en octobre 2000. Le complexe des tourbières du lac Crane est particulièrement intéressant et fait maintenant partie du parc.  Les tourbières et les marais des Terres-Hautes de Kawartha abritent des taxa rares dans la province comme  le carex trisperme, le millepertuis de Virginie, et plusieurs orchidées, dont l’habénaire à gorge frangée, rare dans la province. Un certain nombre d’espèces, entre autres, le boloria des tourbières (un papillon), le tétras du Canada, la moucherolle à côtés olive et le bruant de Lincoln, se retrouvent dans les tourbières et dans les marais, aux limites sud des aires de l’Ontario.

Communautés des plaines littorales de l’Atlantique

Des marécages dominés par une flore distincte des plaines littorales de l’Atlantique se développent sur les rivages tourbeux, sablonneux ou graveleux des lacs et des rivières dont, de façon générale, les niveaux d’eau fluctuent. Nous croyons que la fluctuation des eaux est très importante pour le maintien de cette végétation. Là où les niveaux d’eau ne varient pas trop, des arbustes poussent en général le long des rives. Toutefois, dans les régions où les niveaux d’eau varient plus, les espèces des plaines littorales de l’Atlantique survivent dans les bancs de sable, dans les régions proches des rivages. En périodes de basses eaux, ces sites sont exposés, ce qui permet aux espèces des plaines littorales de germer, de croître et de répandre leurs graines. Elles ont ainsi réussi à survivre dans cette région pendant plus de 10 000 ans.

Dans les Terres-Hautes de Kawartha, les marais de plaines littorales de l’Atlantique les plus développés se trouvent le long des rives du ruisseau Bottle et sur la partie supérieure de la ligne de partage des eaux du ruisseau de Deer Bay, qui inclut les lacs Loucks, Long, Buzzard, Vixen, Stoplog et Shark. Ces espèces se retrouvent à d’autres endroits épars situés dans la zone d’étude où il y a un habitat adéquat, près du lac Serpentine, par exemple. Les rivages exposés de ces plans d’eau consistent en tourbe et en sable grossier, en galets et en quelques rochers. Un certain nombre des espèces des plaines littorales de l’Atlantique, comme le Juncus militaris, le Polygonum careyi, le Potamogeton amplifolius, la Rhexia virginica L., l’utriculaire à scapes géminés et le Xyris de Caroline, sont rares dans la province.

Concentrations d’espèces à risque

Il y a plusieurs zones de concentration d’espèces à risque dans les Terres-Hautes de Kawartha, et toutes les concentrations importantes connues sont liées aux six caractéristiques décrites ci-dessus. Bien que les occurrences reportées d’espèces rares correspondent étroitement, bien sûr, aux points d’observation sur le terrain, certaines régions des Terres-Hautes de Kawartha ont des concentrations plus fortes que d’autres. Il faut noter l’importance des rivages qui abritent la flore des plaines littorales de l’Atlantique et la communauté des alvars.

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Dernière modification : le 31 mai 2005
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