Parc en vedette - Frontenac
Le point de départ
Pour l’aventurier en herbe, le parc provincial Frontenac est le terrain d’essai idéal pour le camping en région sauvage.
Bob Harvey
Le parc provincial Frontenac est le point de départ idéal pour les adeptes du canot qui veulent apprendre à survivre en milieu sauvage.
À Frontenac, il est pratiquement impossible de se perdre puisque ce parc est étonnamment petit et que les itinéraires de canotage et les 160 kilomètres de sentiers de randonnée sont bien balisés.
« C’est un terrain d’essai idéal », déclare le surintendant adjoint du parc Bert Korporaal.
« Les visiteurs qui n’ont pas décidé s’ils sont prêts à passer au camping sauvage peuvent louer un canot et de l’équipement pour une fin de semaine, et faire l’essai. S’ils sont capables de canoter ici et d’effectuer les portages sans trop de difficultés, ils devraient pouvoir se débrouiller dans le nord de l’Ontario. »
Situé au nord de Kingston, le parc semble plus étendu car on peut y passer des journées à faire des randonnées et à naviguer sur les nombreux itinéraires de canotage qui serpentent entre des portages faciles et 22 lacs, grands et petits. Pourtant, Frontenac ne représente qu’une petite fraction de la superficie du parc Algonquin. Le parc s’étend sur environ neuf kilomètres du nord au sud, et sur moins de huit kilomètres d’est en ouest. J’ai pris tout juste cinq heures pour faire l’aller-retour en canot et par portage entre l’extrémité sud-est du parc et le centre des randonnées, à l’angle opposé.
Ma première visite à Frontenac, il y a six ans, était un voyage de cinq jours en famille qui s’est avéré trop difficile pour des enfants de cinq ans. À cinq nous avons partagé un seul canot, et nous avons à tour de rôle marché et pagayé à destination de quatre des 13 terrains de camping du parc, dont une corniche surplombant le lac Big Clear et une plage de sable à Birch Lake.
La semaine dernière, j’y suis revenu pour une aventure très Zen : mon premier voyage solitaire en canot, trois jours dans la nature sauvage de Frontenac. La seconde nuit, je crois bien que j’étais le seul visiteur au parc.
Comme je naviguais en solitaire, j’avais le temps d’observer au lieu de parler à mes camarades, et je me suis senti proche de la nature comme jamais auparavant.
J’ai pris le temps d’admirer les iris sauvages qui poussent le long des lacs, je me suis tellement rapproché d’un huard qui nichait que je pouvais distinguer le blanc de ses yeux, et au crépuscule j’ai même surpris deux chevreuils qui se nourrissaient le long d’un sentier de randonnée. Sans oublier le soir où je suis laissé bercer par le chant distinctif de l’engoulevent bois-pourri, faisant écho au hurlement lointain d’un loup.
Je commence à comprendre la tradition autochtone de la quête de la vision, en solitaire dans la nature. On n’a pas souvent l’occasion de se retrouver dans un tel espace propice à la réflexion solitaire, ou de se mesurer contre les éléments, comme le faisaient tant de trappeurs dans le passé. Si cette expérience spirituelle enrichit l’âme, porter un canot de 33 kilogrammes forme les muscles.
Malheureusement, un séjour à Frontenac implique qu’il faut soit prévoir de l’eau en bouteille, soit bouillir l’eau du lac pendant 10 minutes ou la filtrer pour en éliminer le parasite giardia qui donne la diarrhée. Les pompes de filtrage que la plupart des canoéistes utilisent coûtent entre 55 $ et 160 $, selon la vitesse à laquelle elles fonctionnent et la durée de vie des filtres.
L’année dernière, plus de 28 000 visiteurs se sont rendus au parc Frontenac pour y pratiquer des activités diverses dont les séminaires donnés toute l’année sur le canotage, le camping d’hiver et d’autres techniques de survie en milieu sauvage. Il y a 18 ans, ce parc était le premier à présenter de tels séminaires.
Le parc s’étend sur l’axe de Frontenac, projection la plus méridionale du Bouclier canadien, où roches, falaises et pins du Bouclier alternent avec marais et peuplements adultes d’érables, de bouleaux et de hêtres. Les animaux sauvages y sont aussi nombreux : le chevreuil, le loup et l’ours y cohabitent avec la couleuvre obscure, espèce que l’on associe normalement au sud du Canada.
L’équipe de recherches et de secours de la Police provinciale de l’Ontario utilise le parc pour s’y entraîner à cause de la variété de son terrain.
Chaque année, quelques campeurs s’y perdent car ils oublient de s’équiper de cartes et ignorent les panneaux ou, encore, empruntent des raccourcis. Heureusement, ils ne restent pas perdus pendant longtemps puisque ce parc est tellement peu étendu qu’on les retrouve facilement.
Comment s’y rendre
D’après la carte routière, le chemin le plus court pour se rendre au parc Frontenac est long, poussiéreux et prête à confusion. Voici deux itinéraires faciles qui relient Ottawa au parc en deux heures :
? Route 7 en direction ouest jusqu’à Carleton Place, tourner à gauche pour emprunter la route 15 jusqu’à Crosby. Prendre à droite la route 42, puis à gauche la route de comté 10 (Perth Road à Westport). Continuer en direction sud jusqu’à la route de comté 5, prendre à droite pour passer le village de Sydenham, à droite après l’école secondaire, à droite sur la route de comté 19 (Bedford Road), puis à gauche sur Salmon Lake Road pour atteindre le bureau du parc.
? Route 7 en direction ouest jusqu’à Sharbot Lake, tourner à gauche pour emprunter la route 38, à gauche à Verona pour emprunter Desert Lake Road en direction est jusqu’à la route de comté 19 (Bedford Road), prendre à gauche Salmon Lake Road.
Traduction libre d’un article publié dans le quotidien The Ottawa Citizen, le vendredi 29 juin 2001. Reproduction autorisée par The Ottawa Citizen.
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